Motos liégeoises de légende : Et s’il fallait en choisir une, vers ou irait mon choix ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Michel Mohring   
Samedi, 14 Mai 2011 19:20

Parler des  motos liégeoises sans évoquer le modèle M86 de la FN est impardonnable.

Ce modèle est à juste titre considéré comme étant  un des sommets de ce que nos constructeurs ont réalisés. Beaucoup de connaisseurs la mettent sur la plus haute marche du podium. Je partage cet avis. A elle toute seule  la M86 réunit ce que tous les motards attendent d’une moto, l’élégance, la performance, la fiabilité .En résumé cette moto a tout pour elle. Tout collectionneur essaye d’en posséder une, moi  le premier évidemment.

J’en ai rêvé pendant des années, sans jamais en découvrir une. Et puis un jour, par hasard  le rêve a pris vie et s’est concrétisé. Je vais vous emmener dans cette nouvelle histoire passionnante et hors du commun.

 

         

Tout commence par une discussion avec un copain collectionneur de Liège.  Il est à la recherche d’un moteur Saroléa des années vingt pour terminer la restauration d’un modèle sport de 1926. La chance lui sourit car ce moteur traine dans un recoin de mon atelier, il fait partie du stock de pièces accumulé au fil des années et qui est là en attente d’être échangé ou vendu si nécessaire. Il est  fort  intéressé par ce moteur.  J’ose proposer le moteur Saroléa  en échange d’un moteur FNM86 dans le même état. La réponse de mon ami me surprend : «  Laisse-moi quelques jours mais je pense savoir où se trouve un tel moteur. »  Quelques temps plus tard, mon ami dépose sur le seuil un superbe moteurFN dans un état proche du neuf. Je suis sans voix. Mon ami me demande si ce moteur me convient. Je réponds que oui bien sûr mais je suis gêné du déséquilibre de cet échange. Le troc c’est ça.  Tous les deux nous  cherchions ce que l’autre avait sans se poser de questions.


Il ne me reste plus qu’à trouver le reste. Ce ne sera pas une mince affaire. Le temps est un allié, l’argent aussi hélas, mais c’est comme ça. Le stock de pièces  de toutes sortes qui croupi dans les caves  va être d’une grande utilité. Toute pièce échangée doit être impérativement d’origine M86, c’est une règle que je m’impose, la rigueur est essentielle.


Ce n’est pas parce que l’on a le moteur qu’on a une belle moto. Certes la pièce est essentielle, mais ce n’est qu’une pièce d’un immense puzzle dont chaque petite pièce a un rôle à jouer. Je me suis vite aperçu que les petits détails allaient être les plus difficiles à retrouver. Le réservoir par exemple a été facile à dénicher car j’avais repéré une FNXIII  dans une sortie de club qui avait mon réservoir et moi  dans mes richesses  celui  d’origine de sa moto .Chacun est content d’équiper  son véhicule de collection de la pièce appropriée. Je ne me  souviens pas de tout, mais je me rappelle que le guidon avec ses manettes typique gravées dans la masse et la roue avant ont été très difficiles à trouver. La roue m’a couté dix milles francs dans les années 80 ce qui représente une somme conséquente mais incontournable si l’on veut rester dans l’authentique.

 


             Mais qu’a donc ce modèle pour devenir une des élues dans nos motos belge.  L’allure générale d’abord, car le regard s’arrête sur un ensemble et c’est vrai que du  premier coup d’œil on reconnait la beauté esthétique d’une M86. Le réservoir est chromé. La forme allongée se termine en « crosse de fusil », il est magnifiquement décoré de bleu bordé d’un filet or,  Le sigle FN bleu et or est mis en évidence. C’est une réussite incontestable.

Un autre atout majeur : le moteur. A lui tout seul il peut revendiquer le choix suprême. Un mono bloc  aux lignes fluides, très pur dans son dessin. Techniquement c’est un chef d’œuvre. La culasse par exemple, est coulée en bronze massif pour mieux dissiper la chaleur. Le réglage des soupapes s’effectue sans rien démonter, un excentrique permet de choisir le jeu aux soupapes, c’est tout simplement génial.

Pour  vous donner un autre exemple de l’ingéniosité de ses concepteurs, l’arbre à came  n’est pas monté sur buselure en laiton comme d’habitude sur les autres modèles mais sur roulements à aiguilles, gage de précision et de perfection. Et ainsi de suite. Ce moteur flirte avec la perfection. Je parle de ce moteur avec émerveillement et je présente mes excuses à tous ceux qui portent peu d’intérêt au côté technique de la chose.


            Ce modèle FN M86 est sorti en1934 et a été commercialisé jusqu’en 1939, il existe en version 500cc et en 600cc destiné plus spécialement pour être attelé .Une version militaire est reprise au catalogue fin des années 30.

            Sur une des photos  on peut apercevoir trois motos, la 500de mon beau père, la 600 réassemblée exclusivement de pièces d’origine  et ma type 15 de course très proche au premier coup d’œil d’une 86, un trio d’exception.

 

 

Pour la petite histoire, J’ai appris récemment que le moteur de ma 600 n’est autre que le moteur de rechange  du side cariste Edison et son passager  Clarke qui ont écumé les Grands Prix avant-guerre.
          

La seule question qui me dérange à propos de ce modèle c’est son nom de code M86  bien peu commercial.

Nos amis anglais baptisaient leurs motos de « Red Arrow, Golden Flash, Gold Star etc… » Dommage, c’est ainsi, trop tard pour avoir des regrets.    

 

 

 

 

 

 

          

Mise à jour le Samedi, 14 Mai 2011 19:33
 

Commentaires  

 
+1 #1 Jean Nizet 04-06-2011 16:01
Encore une merveilleuse et émouvante histoire menée à bien. Quelle patience mais le résultat vaut bien des efforts.
Je continue à pleurer sur ma type XIII conduite en 1961 chez Noirfalize. On ne peut pas prévoir l'avenir. Mon père, pas content, m'avait certifié que j'avais acheté quelquechose d'invendable.......
 

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