La géniale aventure d’Antoine Jacques PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Brasseur   
Dimanche, 15 Mars 2009 21:42

Antoine Jacques, le fondateur de la chocolaterie qui porte encore son nom, est originaire de Deigné (Louveigné). Orphelin, c’est à Verviers qu’il tente sa chance.
Les entreprises ont leur histoire, grande et petite. Jacques doit tout à Jacques, Antoine ou plus exactement Jean-Antoine, né à Deigné (Louveigné) en 1 858. Orphelin d’un fermier, il veut apprendre à lire et à écrire. Alors, il emprunte une carriole et s’en va bouquiner à l’athénée Thil Lorrain où les cours du soir sont gratuits.

En 1890, il est inscrit pâtissier dans les registres de Verviers et  il s’associe avec Jean-Joseph Hardy, s’installe rue des Fabriques, au 35, et à deux ils lancent leur première chocolaterie qui produit aussi le fameux pain d’épices verviétois.

 

Six ans plus, et de commun accord, Antoine (qui a laissé tomber le Jean) Jacques quitte Joseph Hardy et s’implante dans la même rue, au 230, où il occupe 43 travailleurs et se lance dans une production artisanale qui, par la qualité du produit, glane des médailles partout dans le monde. Jacques, avec sa marque [Le Semeur] est même remarqué à l’Exposition universelle de Saint-Louis, aux États-Unis, en 1904 où 20 millions de visiteurs goûtent les friandises made in Verviers, Belgium, la toujours et très riche capitale du textile européen.

Le premier virage s’opère en 1920. Jacques s’associe au Verviétois William Zurtrassen et la S.A. Chocolaterie Jacques voit le jour le 4 mars avant son transfert, deux ans plus tard, à Eupen. C’est la vitesse de croisière, avec un supplément de puissance chaque année, des innovations publicitaires dont les chromos en couleurs font florès. En 1928, Jacques lance le chocolat Gileppe pour les 50 ans du barrage. Ce sera la dernière création du génial fondateur qui meurt inopinément le 10 février 1929.

En 1936, la manufacture eupenoise de plus en plus diversifiée dépose un brevet le 8 février : sa barre chocolatée, que les Verviétois appellent bâton, est divisible en six morceaux facilement détachables pour une dégustation à la main idéale. Le Chevalier naît le 15 octobre 1937.

L’après-guerre est plus classique, avec des hauts et des bas. Et, en 1982, c’est le groupe allemand de Cologne, Stollwerck-Sprengel, qui reprend Jacques pour le redynamiser. Les ventes explosent, l’usine sature et, en 1987, elle déménage dans le nouveau zonage d’Eupen où elle tourne encore aujourd’hui.

Elle est même agrandie de 50% en 1994 pour atteindre une superficie de plus de 6 000 mètres carrés et elle occupe un terrain de 31 400 mètres carrés. Dans les investissements chiffrés à plus de 8 millions d’euros figure l’aménagement réussi du musée du chocolat dont une passerelle surplombe les installations de production et permet aux visiteurs (des groupes dont beaucoup d’écoles) d’assister, en toute sécurité, à la fabrication des fameux #3bâtons#1 aux parfums multiples (la tomate des années trente a disparu).
Stolllwerk est à son tour repris par Barry Callebaut en 2002 avec, en 2005, la fusion des deux marques pour ne conserver que Jacques en produits de consommation domestique.

On connaît la suite et l’arrivée en 2009 des Espagnols de Valence. Jacques reste eupenois et, jusqu’à preuve du contraire, fera toujours et davantage peut-être du chocolat belge.
 Le meilleur, assurément !

En 2011 Jacques et 4 autres sièges de Barry-Callebaut ont été vendus à "Baronie N.V." à Veurne. Le principal propriétaire de ce groupe est Fons Walder. 

 



VITE DIT

À l’expo universelle
Si, en 1904, le fondateur de la chocolaterie Antoine Jacques se rend aux États-Unis pour, à Saint-Louis, promotionner ses barres à l’Exposition universelle, le Chevalier (créé en 1937) est très présent à l’Expo 58 de Bruxelles.
Il a même son pavillon, énorme, qui connaît un succès fou. Mieux, le bâtiment est racheté par la ville flamande de Diest. Démonté, il est reconstruit dans un parc diestois et est aujourd’hui reconverti, avec une façade d’origine, en bassin de natation.

Une Radio Jacques
Verviétois d’origine, la chocolaterie eupenoise reste très branchée sur la cité lainière. Ainsi, en 1935 (et l’histoire de Jacques et contée avec délice par Charles Pirard dans [Images de marques] édité chez Pierre de Lune), le chocolatier sponsorise Radio-Verviers, poste privé d’émission en activité depuis 1925, qui diffuse des concerts offerts par le Superchocolat Jacques.
Pour les chorales et orchestres verviétois, c’est une promotion appréciée. Les Gais Wallons, l’orchestre du Tank et les chœurs d’Ensival sont à la fête.

Un tout au musée
Inauguré en octobre 1994, le musée du chocolat du zonage industriel d’Eupen est unique en son genre dans la région. Il est accessible toute l’année, du lundi au vendredi de 9 à 17 heures Une réservation préalable est nécessaire pour les groupes et les visites guidées (Tél. : 087/592 967). Il en coûte 3 euros par personne ou un forfait de 30 euros pour 30 visiteurs ou plus.

Les Américains occupent
En 1940, l’usine est mise sous séquestre par l’autorité occupante. Faute de matières premières, les machines s’arrêtent en 1942. Et, en 1944, c’est l’armée américaine qui s’installe dans la chocolaterie vide de tout.

A épingler cette volonté de la direction eupenoise, en 1939, de quitter Eupen pour s’implanter près de Verviers. Elle craignait l’annexion de la ville, ce qui se fit, et commença à édifier une nouvelle usine à Mangombroux (Heusy).

De tout beaucoup
Jacques produit et devrait continuer à fabriquer des barres (dont celles au nougat), des tablettes familiales avec le lait-noisette, des granulés et, à la mode, le chocolat des fondues.
Les mini-bâtonnets sont aussi très demandés parmi les nouveautés. Eupen dispose d’une unité de recherche et développement très performante.

Mariage somptueux
En septembre 2005, lors du mariage Callebaut-Jacques, pas moins de 3000 invités se sont retrouvés devant et dans la basilique de Koekelberg, à Bruxelles, pour des noces somptueuses. Outres des montagnes de chocolat à déguster, les participants à la fête ont eu le bonheur d’apprécier Urban Trad, Marc Lavoine et Belle Perez.

 

 

Avec l'aimable autorisation de Jean Brasseur pour Best of Verviers et du journal  Le Jour que nous remercions pour cette collaboration

Mise à jour le Dimanche, 13 Mars 2016 14:03
 

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