Macherot Raymond PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Best of Verviers   
Dimanche, 25 Mars 2007 16:39

René Hausman, votre rencontre avec Macherot « à l’époque où il dessinait Chlorophylle contre les rats noirs est un moment important pour vous..    

- "Macherot arrive à produire du grand art (silence…) « Chlorophylle », de Macherot atteignait une grande épuration et ce n’était pas pour éviter une complexité graphique. Cette synthèse est l’aboutissement d’une grande maîtrise.

Je cite le mot de Paul Deliège (Bobo) « Franquin est un baroque mais Morris et Macherot sont des classiques ». C’est tout dire ! "

Sa vie :

Né le 30 mars 1924 à Verviers, Raymond Macherot, père de Sibylline, coulait des jours heureux à Polleur. Il y est décédé le 26 septembre 2008.

 

En 1940, devant l’avancée allemande, il fuit avec son ami Maurice Maréchal pour éviter l’enrôlement dans les S.T.O. Il découvre alors la nature et ses animaux pour lesquels il se passionnera. Il effectue son service militaire en draguant des mines dans la Royal Navy britannique mais son navire ne quittera pas le port. Après la guerre, il fut d'abord ouvrier dans le textile en 1946, devient journaliste en 1947. En 1951, il exerça aussi le métier de reporter photographe. Raymond Macherot tiendra la chronique judiciaire et fera un dessin quotidien pour le "Courrier du Soir", journaI verviétois  et ce jusqu'aux alentours de 1953. Il est enfin peintre à ses heures.

 

 

Jacques Martin, lors de votre interview pour Best of Verviers en octobre 2007vous nous dites à propose de Macherot :

- "Le jeune Macherot, journaliste du Jour vient  chez moi en 1953. Oui ! Et il me montre ses planches. Je n'hésite pas ! Je l'emmène à Bruxelles chez Tintin voir Raymond Leblanc qui remarque le dessin de cette souris sympathique qui grignote une carotte. L’éditeur, à la recherche d’une série animalière capable de concurrencer le journal de Mickey, décide de lui donner sa chance. Une première histoire naît sous le crayon de Raymond Macherot, Mission chèvrefeuille, qui constitue en quelque sorte la matrice de l’univers de Chlorophylle. Suit alors la première grande histoire de Macherot, Chlorophylle et les rats noirs en 1954.  Ses séries avaient  un succès énorme dans les albums et permettent à l’auteur d’être publié dans la prestigieuse édition du Lombard."


 

 

"En 1964, après un important battage, est publiée la première histoire de son héros Chaminou. Malheureusement, l’insuccès et l’incompréhension des autres dessinateurs du journal conduisent très vite Macherot à abandonner ce personnage et à en créer un autre, Sibylline, plus proche de l’univers bucolique de Chlorophylle. En 1970, le dessinateur rencontrera, à la manière de ses pairs Hergé et Franquin, cette terrible maladie qu’est la dépression. Il n’abandonnera pas le dessin mais devra se faire assister pour le scénario" Au total, Macherot a signé seul, onze albums de Sibylline qui est une petite souris au grand coeur et militante des bonnes causes. Sa première sortie date de 1964. L'album est édité chez Dupuis. Son dernier album est sorti il y a environ 20 ans.

 

 

Macherot est reconnu comme un spécialiste de la BD animalière.

On en conclut que Raymond Macherot sera donc le père spirituel de Chlorophylle, Clifton, Chaminou et Sibylline. A l'exception de Clifton, un flegmatique colonel-détective britannique, tous ces personnages sont des animaux. D'adorables souris confrontées à des rats détestables : les récits chaleureux et sympathiques de Macherot s'adressent à tous les âges. Raymond s'est  hissé parmi les incontournables de la bande dessinée belge. Il a aussi rejoint l’équipe " Spirou " et a régulièrement rencontré les grands auteurs du journal dont Franquin, Delporte et Will. C’est avec eux qu’il créera pour quelques épisodes seulement le personnage d' " Isabelle ".

 

 

 

Aujourd'hui, il a cédé le relais à André Taymans, tout en restant le père spirituel de la série de la petite souris. En décembre 2006, André Tayman sort le second album de Sibylline d'après l'oeuvre de Raymond Macherot : "Le serment des lucioles". Cet album est tiré à 12 000 exemplaires. Le premier exemplaire de la nouvelle vie de Sibylline "La ligue des coupe-jarrets", tiré à 8000 exemplaires en avril 2006, avait été épuisé en quelques semaines seulement.

Informations tirées de l'excellent site http://macherotbd.free.fr  et du journal la Meuse du 13 décembre 2006.

 

Plus encore : "Hergé et Macherot ont entretenu les meilleurs rapports, partageant ensemble un goût prononcé pour la peinture. Le créateur de Tintin avait la plus grande estime pour Macherot qu’il considérait comme l’égal de Walt Disney dans sa manière de camper le caractère des animaux. Dès les débuts de Raymond Macherot au journal, Hergé avait remarqué que celui-ci avait un don particulier pour dessiner les mains. Il avait même dit que, quand on savait dessiner les mains, on pouvait tout faire. L’estime que portait Hergé à Macherot l’a même conduit à écrire une lettre intitulée Hommage à Raymond Macherot.

 

Pourtant, on aurait pu croire que le caractère quelque peu conservateur de Hergé l’aurait rendu rétif à une histoire comme celle des Croquillards. Mais cela n’a pas été le cas et Hergé n’a pas été de ceux qui, choqués par l’histoire, ont considéré ensuite Macherot comme une espèce d’anarchiste. " Hergé ? Oh, il ne disait rien " m’a confié Raymond Macherot à qui je demandais s’il avait eu des problèmes avec la censure à propos des Croquillards.

 

Raymond Macherot, quant à lui, admirait beaucoup les premiers albums de Tintin en noir et blanc qu’il a sans doute lu et relu quand il était enfant, comme en témoignent les vignettes de la page suivante. Citations délibérées ou influence inconsciente. Peu importe. Seul compte l’hommage rendu au maître de la ligne claire." http://macherotbd.free.fr

 

 

Hommage des éditions Dupuis le jour de sa disparition :  "Caricaturant la société des hommes à travers le petit monde des prés et des bois, Macherot a saupoudré toute sa production d’une poésie très personnelle. Il habitait sur les hauteurs de Verviers et préférait le rythme des saisons dans la nature au brouhaha intemporel des cités où il n’a jamais voulu s’acclimater. Ce grand classique unanimement apprécié a réalisé quelques-unes des meilleures pages de l'Histoire de de la BD belge.
 
A l’occasion du soixantième anniversaire des Editions du Lombard, l’éditeur avait créé la collection Millésime qui remettait en valeur les plus grands classiques de l’Histoire du Journal Tintin. Chlorophylle avait été retenu par l’éditeur tout de suite derrière Blake et Mortimer et Corentin. Par ailleurs les Editions Dupuis et Le Lombard travaillent déjà à la réalisation d’un projet d’intégrale Macherot qui reprendrait l’ensemble de l’œuvre de ce maître du 9ème Art."

 

 

Mise à jour le Vendredi, 26 Septembre 2008 18:10
 

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