Une stèle pour Didier Comès PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Vendredi, 22 Novembre 2013 22:55

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

C’est à la croisée d’un faisceau de fils d’amitié qu’une centaine de personnes se sont retrouvées pour l’inauguration d’une stèle érigée à la mémoire de Didier Comès à Sourbrodt, son village natal, qui était resté pour lui le lieu où il avait des racines dont il faisait volontiers état.

 
Reconnu dans le monde international de la BD pour un talent aussi original que complet, car il écrivait lui-même les scénarios de ses romans graphiques, Dieter/Didier Comès (1942-2013) avait évolué de la couleur vers le noir et blanc comme aussi de l’ heroïc fantasy vers un fantastique intégré à la vie quotidienne et à la nature. C’est de cette manière que nos paysages ardennais ont pris place dans ses œuvres, tout particulièrement dans Silence, son plus grand succès, et dans La Belette. Dans sa maison de La Reid, il avait sous les yeux les ondulations des collines qui, transposées en noir et blanc dans ses albums, seront caractéristiques de son style.

Ses Hautes Fagnes natales constituaient pour lui un sanctuaire où il pouvait reprendre haleine dans la solitude des grands espaces contemplée au travers des saisons. C’est là, sur le chemin de Bosfagne, que le Groupement d’Animation et de Promotion de Sourbrodt (GAPS) et la famille ont obtenu d’élever une stèle commémorative. Il s’agit d’une belle "pierre de Fagne" venant du Bayehon, portant une photo de Didier  et une plaque de pierre où sont gravés une inscription et le portrait de Silence. Une courte allée de gravier la relie au chemin. Une foule d’amis de Didier s’était réunie autour de la pierre, amis et amies de jeunesse, artistes, musiciens, confrères, tels que François Schuiten ou Thierry Bellefroid, qui avait organisé l’exposition de Liège en 2011, amis de longue date, anciens collègues de l’époque où Didier était dessinateur industriel chez Houget. L’un d’eux rappelait qu’il suffisait que Didier mette la plume sur le papier pour que le trait donne l’impression de venir tout seul.

Après l’accueil par le bourgmestre de Waimes, Daniel Stoffels, c’est Rudy Giet, ami d’enfance de Didier et président du GAPS, qui évoqua l’attachement du dessinateur à son village. Frère aîné de Didier, Max Comès prit ensuite la parole au nom de sa famille pour retracer les grands axes de la carrière de cet artiste qui sut demeurer fidèle à ses doubles origines culturelles, être reconnu parmi les plus grands et rester simple et cordial. Il confirma que les planches, documents et archives de Didier étaient légués à la Fondation Roi Baudouin pour en éviter la dispersion. On sait par ailleurs que la Fondation va en confier la préservation et la mise en valeur au Musée en Piconrue, à Bastogne, où est prévue pour 2015 une grande exposition sur le thème de Comès et les traditions d’Ardenne.

Sous le soleil bas et rude de la mi-novembre, la foule des amis se dilua lentement après un hommage personnel et silencieux devant la stèle. Le grand calme revint sur ce vaste paysage de fagne boisée où, désormais, une pierre sert de demeure symbolique à une sensibilité qui y vécut son imaginaire.

 


 

Mise à jour le Vendredi, 22 Novembre 2013 23:19
 

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