Matisse à Verviers. Paysagistes à Dison PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Lundi, 14 Mars 2011 07:09

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

 Deux expositions se rapportant à des artistes ayant vécu approximativement à la même époque, mais dans des contextes très différents, c’est ce que le hasard des programmations nous permet d’apprécier actuellement.

Henri Matisse au CTLM d’une part et, de l’autre, l’École liégeoise du Paysage à la Maison d’Adolphe Hardy, à Dison ;
Matisse au CTLM

Henri Matisse (1869-1954) est assurément un des plus grands plasticiens du XXe siècle, son apport à la conception de l’œuvre d’art est d’une profonde originalité, non seulement par les diverses disciplines qu’il a abordées, mais aussi, en peinture, par le traitement de la couleur et le simplicité du trait.

Précurseur du fauvisme, il utilise la couleur comme une valeur pure, sans référence au réalisme ni au symbolisme. Il n’est pas anodin de constater l’importance des aplats dans son travail de composition : intégrés dès le début du siècle pour valoriser le mouvement (La Danse, par exemple), ils seront, sous forme de papier découpé, le substitut du pinceau lorsque, durant les dix dernières années de sa vie, le peintre ne pourra pratiquement plus quitter son lit.  

L’exposition montée par Jean-Christophe Hubert et l’équipe d’Aqualaine fait bien ressentir combien, dans cette période encore, Matisse était habité par le dynamisme de la lumière, de la couleur, du mouvement et de la musique aussi. « Un ton, c’est une couleur ; deux tons, c’est un accord », disait-il. Le parcours proposé permet aussi d’apprécier la grâce infinie des dessins d’Henri Matisse, un simple trait y traduit tout le ressenti que l’artiste perçoit dans le sujet évoqué.

L’exposition ne manque pas d’évoquer l’extraordinaire dialogue entretenu jusqu’à la fin par Matisse et Picasso, elle présente aussi des manuscrits extraits de la correspondance de Matisse avec d’autres personnalités. Elle offre également un bel éventail d’animations destinées aux adultes comme aux enfants, ce qu’ont testé avec succès, comme le montre une de nos photos, les échevins Freddy Breuwer et Michèle Dupuis en compagnie de Michèle Corin,  

Centre Touristique de la Laine et de la Mode, rue de la Chapelle, 30, Verviers,

Jusqu’au 29 mai, ma-di : 10-17h. info : 087/30 79 20, www.expo-matisse.be  

 

L’École liégeoise du Paysage à la Maison d’Adolphe Hardy

Devenue une tradition à l’approche du printemps, l’exposition de peintres de l’École liégeoise du Paysage à la Maison d’Adolphe Hardy ménage toujours d’heureuses surprises et (re)découvertes.

C’est ainsi que, dans les œuvres postimpressionnistes (période 1880-1950) de nos régions que propose cette fois Jacques Goijen, on apprécie, par exemple, à côté de deux Richard Heintz, une délicate huile entre ombre et soleil d’Albert Raty (La chapelle du Cugnon) ou une fagne très océanique de Dieudonné Jacobs, ou encore, de Monique Massin, une Ourthe à Comblain tapissée de neige et de brume.  

Pleine de charme, une Cour à colombages rappelle que Philippe Derchain maniait aussi bien le pinceau que les crayons, tandis qu’un paysage puissamment arboré montre ce que Léopold Plomteux peignait avant de se lancer dans l’abstraction.

Au fil des cimaises, entre Félix Ymart et Marie Howet, on vibre sous la lumière saisie à Colonster par Modeste-Jean Lhomme et l’on retrouve avec émotion Èmile van Aubel et Roger Garsoux aux côtés de Max Gobiet, Adolphe Remy ou Émile Pasquasy. Véritables invités « extérieurs », le Flamand R. De Pauw, avec une toile de 1874, Les apprêts du dîner, et le Suédois St. Johanson, avec son Port de guerre de 1947, transcrivent une remarquable sensibilité, le premier en une sorte de tendresse familière, le second en intensité dramatique.        

Maison d’Adolphe Hardy, place du Sablon, 79, Dison. Jusqu’au 27 mars, ma-di : 14-18h.  

Mise à jour le Lundi, 14 Mars 2011 20:22
 

Vous n'avez pas le droit d'ajouter un commentaire : veuillez vous connecter ou vous enregistrer.