Sibylla, le nouveau roman d'Edmée De Xhavée PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Mardi, 10 Mai 2011 21:59

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet 

Les expositions ne manquent pas, que ce soit celle des Romantiques spadois à l’Office du Tourisme de Spa, celle de Tatiana Larguina à l’Espace Duesberg ou encore, trop courte, la rétrospective du regretté Albert Jeangette à la Maison Adolphe Hardy, à Dison, pour n’en citer que trois. Cependant c’est d’un livre qu’il sera question aujourd’hui : De l’autre côté de la rivière, Sibylla, le nouveau roman d’Edmée De Xhavée qui vient de paraître aux éditions Chloé des Lys, au moment où notre Tchèt volant new-yorkais pose ses valises sur sa terre natale.

 

Après Les Romanichels, Edmée De Xhavée poursuit son évocation de la société verviétoise de l’après-guerre avec une verve tout aussi caustique que dans son premier ouvrage.

 

La narratrice, Sibylla, a été la gouvernante des deux personnages principaux, Emma et Jean, nés de la « mésalliance » d’une jeune femme de la bonne bourgeoisie avec le fils d’un ménage de petits commerçants. Après le décès prématuré de leur mère, les enfants sont d’autorité menés chez leurs grands-parents maternels et placés sous la férule d’une tante pleine d’acrimonie.

C’est près de Sibylla qu’ils trouveront une affection et une complicité qui les accompagneront jusqu’à l’âge adulte. Ce serait mal connaître l’auteure que d’imaginer avoir là le schéma d’un déroulement linéaire. L’intrigue se nourrit, en effet, d’une foison d’épisodes mouvementés, dramatiques, émouvants, drôles aussi, distillés dans un style vivant par une plume trempée dans un vinaigre plein de saveur. Et comme Edmée De Xhavée a l’œil vif et le souvenir abondant et fidèle, son roman fourmille de traits bien observés et de notations où les habitants de la région n’auront aucune peine à se retrouver, tandis que les lecteurs « étrangers » y verront les éléments d’une vraisemblance romanesque.

 

Cette vraisemblance s’attache d’ailleurs aussi à d’autres lieux, n’en prenons pour exemple que la description de la place qui est au cœur de la vieille ville d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique ; en une demi-page, tout y est, la topographie, l’atmosphère paisible, les couleurs, les odeurs, l’activité voisine, les rêves qui jaillissent dans l’imagination. 

D’affrontements en rebondissements, ce roman fait donc le portrait d’une société dans son époque. Mais sa construction est très habile, car il commence par la fin, se déroule ensuite de façon chronologique en ménageant cependant des passages décalés dans le temps puisqu’ils reviennent au présent de la narratrice, le jeu sur deux polices de caractères permettant une identification immédiate.

Comme dans son ouvrage précédent, Edmée De Xhavée manie avec ampleur personnages, lieux et événements pour tenir le lecteur en haleine et partager les destinées individuelles de gens que l’on a souvent l’impression de connaître. (ISBN 978-2-87459-519-6) 

 

 

     

 

Mise à jour le Mercredi, 11 Mai 2011 05:21
 

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