Négationnisme et Juifs de Verviers PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 28 Janvier 2009 22:25

Les récentes élucubrations d’un évêque anglais de la mouvance Lefebvre ont ramené à l’avant-plan de l’actualité la question du négationnisme.

Ainsi, l’extermination des Juifs par les Nazis ne serait qu’une fable, un mensonge ?

Mais alors, où sont passés les 25.000 juifs transportés en Allemagne depuis la caserne Dossin de Malines ?  Transportés et soigneusement répertoriés par les nazis. Où ont-ils disparu ? Et ce que les 1300 rescapés (une vingtième !) ont raconté, l’ont-ils inventé ?

Les récentes élucubrations d’un évêque anglais de la mouvance Lefebvre ont ramené à l’avant-plan de l’actualité la question du négationnisme.

Ainsi, l’extermination des Juifs par les Nazis ne serait qu’une fable, un mensonge ?

Mais alors, où sont passés les 25.000 juifs transportés en Allemagne depuis la caserne Dossin de Malines ?  Transportés et soigneusement répertoriés par les nazis. Où ont-ils disparu ? Et ce que les 1300 rescapés (une vingtième !) ont raconté, l’ont-ils inventé ?

 

Et ces dizaines de milliers d’habitants israélites de telle ville allemande ou polonaise, partis et jamais revus nulle part, où sont-ils passés ? En vacances aux Bahamas ?

Le plus élémentaire des calculs  montre que le négationnisme est intellectuellement indéfendable.

N’oublions pas tous les témoignages recueillis dès la libération des camps, parfois même les aveux circonstanciés des bourreaux. Enfin le procès Eichmann amena ou ramena à la surface tant d’éléments probants.

 

Et les Juifs de Verviers, dans tout cela ?

Ils n’étaient pas nombreux. Certains, rares, étaient installés dans notre ville depuis longtemps. La plupart étaient des réfugiés d’arrivée récente.

Le 1 août 1940 (car les questions commencent tôt), la police locale répondra aux demandes de l’administration communale en disant qu’on ne possède aucun moyen permettant de dire avec certitude qui est juif. Pourtant, la police des étrangers arrivera à confectionner un registre des Juifs. Il comptera 36 ou 37 noms. La police allemande, plus zélée, en découvrira encore dix autres.

D’après la liste nazie, il y a treize apatrides, cinq Allemands, douze Polonais, un Hongrois, deux Italiens, deux Hollandais, trois Roumains, un Espagnol, les autres étant de nationalité indéterminée.

Dans la liste belge, établie et conservée à Verviers, on rencontre trente-six personnes dont vingt et un isolés et cinq familles, dix-huit hommes et treize femmes, trois garçons et deux filles de moins de quinze ans, aucun Belge. La plupart habitent des rues populaires.

Plus tard, huit des Israélites de Verviers prendront le chemin de la déportation, et un seul reviendra. Mais où sont donc passés les sept autres, Mgr Williamson ?

En définitive, si trente-neuf Juifs résidant à Verviers échappent aux bagnes nazis, c’est probablement la conséquence d’une aide efficace qui leur a été apportée par la population locale.

 

 

Voir entre autres:

- Maxime STEINBERG, L’Etoile et le fusil. La Question juive 1940-1942, Bruxelles, 1983

- Jacques WYNANTS, Verviers 1940, Contribution à l’étude d’une ville et d’une région au début de l’occupation allemande,  Bruxelles, 1981.

 

L’illustration a paru dans le journal clandestin La libre Belgique Peter Pan du 15 septembre 1942.

 

Jacques WYNANTS et SVAH, 2009

Mise à jour le Mercredi, 28 Janvier 2009 22:30
 

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