Une journée à la migration... PDF Imprimer Envoyer
Écrit par jean-marie poncelet   
Samedi, 17 Décembre 2011 19:02

 

Moineaux friquets

 Il est une période de l'année qui m'est chère: la migration automnale. De fin août à novembre, c'est le moment choisi par un bon nombre de nos oiseaux pour nous quitter et rejoindre leurs lieux d'hivernage.

Là, les conditions météorologiques seront plus clémentes et la nourriture abondante. Chez nous, nous verrons passer principalement des oiseaux venant d'une partie du nord de l'Europe.

Certains s'arrêteront, quelques heures, quelques jours en fonction de la météo et de la nourriture présente. D'autres resteront l'hiver chez nous.

 

Cette année, les mois de septembre et d'octobre ont été particulièrement ensoleillés: un régal pour la photographie et l'observation des migrateurs. Cet exercice peut se faire partout, mais tous les endroits ne sont pas aussi intéressants. Un point culminant, avec une vue dégagée sur une vallée, peut s'avérer un atout supplémentaire. Personnellement, j'ai quelques coins privilégiés en fonction des espèces que j'espère voir. Je vais vous y emmener.

Un beau ciel bleu, une lumière magnifique nous attend. Espérons que les oiseaux soient d'humeur au voyage. Le temps de prendre mon matériel photo, et hop! je suis dans la voiture. Après une petite demi-heure de route, j'arrive à pied d'œuvre, je suis le premier, les copains ne sont pas encore arrivés.

C'est cela aussi la migration: le partage avec d'autres passionnés. Comme il fait très beau, j'installe un fauteuil; autant être bien installé, car je vais certainement rester une bonne partie de la journée. Je place un trépied photo avec un gros téléobjectif, ce sera pour les grands oiseaux comme les rapaces. Sur mon second boitier, je mets un objectif plus léger: plusieurs heures à bout de bras, à la fin, cela pèse très lourd.

 

Pendant mon installation, j'ai déjà vu et entendu plusieurs passants. Enfin, tout est prêt. Je m'assieds, l'appareil sur les genoux et les jumelles à la main. Je scrute l'horizon. Avec ce beau temps, on risque de voir des rapaces. Tout à coup, un petit groupe d'oiseaux arrive un peu loin pour les identifier, mais ils se rapprochent. Je saisis mon appareil photo. Je suis prêt, légèrement caché pour ne pas leur faire changer de route. Ils viennent droit sur moi. Ce sont des Pipits farlouses. Je déclenche quelques rafales et je regarde le résultat sur l'écran arrière de l'appareil.

Les oiseaux sont petits, mais les poses ont l'air d'être sympas. Pas le temps de m'extasier, un plus gros oiseau est au bout du champs. Vite mes jumelles! C'est une Buse variable locale qui cherche sa nourriture...

Fausse alerte. Le plaisir du suivi migratoire réside également dans le fait qu'on ne sait jamais ce qui va se présenter dans notre champs de vision, parfois des oiseaux relativement communs, et parfois quelques raretés. Pendant l'heure qui va suivre, je vais pouvoir observer et photographier: des Pipits farlouses, des Pinsons des arbres, des Bruants jaunes, des Moineaux friquets, des Bergeronnettes grises et des Alouettes lulus et des champs.

 

Alouette des champs

 

 

 
Alouette lulu

 

Sur ces entre-faits quelques copains sont arrivés. C'est plus gai et plus facile à plusieurs; quand on est seul, il faudrait avoir plusieurs paires d'yeux. "Rapace" crie un des copains. "Milan royal" précise un second. Les choses sérieuses commencent.

Cet oiseau ayant une vue perçante, on a intérêt à ne pas trop se montrer, surtout qu'il vient droit sur nous. Il a l'air de flâner, normal: il fait beau et il n'y a pas beaucoup de vent. Il est là. Il va être photographié sur toutes les coutures.

On s'en donne à cœur joie avec les copains. On profite de ce moment éphémère, une minute près de nous et très vite... trop vite... hors de portée de nos objectifs. Qu'importe, nous aurons de beaux souvenirs. Nous ne savions pas, à ce moment, que ce n'était qu'un éclaireur.

A peine remis de nos émotions, je vois, sur la colline face à nous, un second Milan royal, mais trop loin pour qu'il vienne nous faire une visite. Nous l'observons. Soudain, "Rapace" crie un des observateurs. Nous regardons dans la direction indiquée et là, surprise, pas un, ni deux, mais quatre Milans royaux à l'horizon.

A la fin de la journée, ce seront quinze Milans royaux qui seront passés en migration. Certains photographiables et d'autres non, mais c'est déjà bien de les avoir vus.

 

 

Milan royal

Nous avons eu d'autres satisfactions, ce jour-là, avec plus de 3000 oiseaux comptés. Outre ceux déjà énumérés plus haut, on peut citer: des Pigeons ramiers et colombins, des Alouettes des champs, des Linottes mélodieuses, des Grives musiciennes et draines, des Bruants des roseaux, des Buses variables et des Eperviers d'Europe.

J'en oublie certainement tellement la journée fut riche en rencontres.

 


 

Grives litornes

Je vous conseille, l'an prochain, de vivre une journée à la migration des oiseaux, il y a certainement un poste de suivi migratoire dans votre région.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et vous donne rendez-vous l'an prochain.  

jean-Marie Poncelet

www.clic-nature.be

 

 


 

Mise à jour le Mardi, 20 Décembre 2011 19:35
 

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