Les Trésors de l'Industrie Textile Verviétoise PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Lundi, 27 Juin 2011 21:00

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet 

Certes, on ne peut pas encore les visiter comme une exposition habituelle, mais il faut savoir qu’ils existent, ces trésors, et qu’une équipe de passionnés prend le maximum de soins pour leur sauvegarde et leur remise en état. 

C’est pourquoi la journée « portes ouvertes » du samedi 25 juin dans les bâtiments du Solvent Belge (aujourd’hui Traitex) rue de Limbourg, 125, a revêtu une grande importance : on a pu voir de près, jusqu’à les toucher, les machines qui, pendant deux siècles, ont contribué à faire de Verviers une capitale mondiale du textile et, subsidiairement, une ville remarquée pour sa richesse culturelle.

En fait de machines textiles, les Verviétois d’aujourd’hui et leurs hôtes de passage ne connaissent guère, sans toujours savoir ce que c’est, que celles qui sont exposées en plein air en divers endroits de la ville : giratoires et quais, par exemple. 

Pourtant, une septantaine de leurs semblables résident dans les vastes bâtiments de la rue de Limbourg, où nombre d’entre elles sont arrivées en pièces détachées.

 

Là même où, sous les verrières qui donnent un éclairage tout en douceur, fut tourné une partie du film Australia. 

 

Et c’est le mérite de l’équipe animée par Jacques Thonnard, contremaître aux Musées de Verviers, et dans laquelle se retrouvent des anciens de l’industrie lainière, de remonter ces machines, de les restaurer, et aussi de faire comprendre non seulement leur fonctionnement, mais surtout l’incroyable somme d’expertise technique et d’ingéniosité qui a permis leur conception et leur mise au point. 

 

Ce n’est pas sans raison que des pays du monde entier envoyaient des jeunes gens conquérir leur diplôme d’ingénieur textile à l’Institut Supérieur des Textiles de la rue de Séroule : les connaissances scientifiques et le savoir-faire développés à Verviers étaient une référence sans égale. Et quand on voit, aujourd’hui, les vestiges dans lesquels les membres du Comité Scientifique d’Histoire de Verviers guidaient les visiteurs, on ne peut que rendre hommage à toutes ces personnes qui, de la nopeuse et du rattacheur de fil jusqu’au concepteur de subtils perfectionnements, ont assuré la qualité enviée du textile verviétois.

 

Du matériel en bois de la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux éléments en nylon introduits dans une machinerie complexe pour améliorer le passage du ruban de peigné tout en atténuant le bruit, une impressionnante épopée de l’inventivité se dessine tout au long de la visite d’un pareil lieu. Et les souvenirs des anciens, qui aimaient profondément leur métier, donnent une intense couleur de vie à ces machines aujourd’hui plongées dans l’immobilité, et un témoignage de véritable humanisme. 

On peut rêver qu’un jour, avant qu’il ne soit vraiment trop tard, toutes ces machines, authentiques merveilles de la mécanique antérieure à l’ère des puces informatiques, puissent être harmonieusement mises en valeur dans une muséographie adéquate, hommage à tant de générations d’une population industrieuse et ingénieuse.  (La collaboration de personnes ayant des connaissances dans ce domaine est toujours la bienvenue.

Contact : Jacques Thonnard,  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. 087/32 40 81)    

Mise à jour le Mardi, 05 Juillet 2011 21:27
 

Commentaires  

 
0 #1 Jean Nizet 02-07-2011 06:48
Merci Monsieur Moxhet pour ce bel article rendant hommage aux bénévoles qui s'activent depuis des années à remonter et tenter de faire revivre ces machines à l'agonie. J'ai eu la chance en 1953 de faire un stage de six mois parmi elles et j'en ai vu et entendu plusieurs, à ce moment en pleine gloire mécanique. Quand j'en touche une maintenant je ne peux m'empècher de penser que pendant des dizaines d'années des hommes ont gagné, parfois péniblement, leur vie en les servant, les nettoyant, graissant et alimentant en matière première. Merci donc à ceux qui les reconditionnent bénévolement sous le guidage amical de M. Thonnard.
 

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