B17 tombé à Wegnez en août 1943 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mireille Picquereau   
Mardi, 05 Septembre 2006 16:41

Le 17 août 1943, beaucoup de Wegnolais qui habitaient à la Croix-Rouge et qui ont maintenant trois fois vingt ans, se rappellent cette chaude journée d’été de 1943. Pour ma part, je redescendais de Lambermont; de là-bas, on a un splendide panorama de Verviers et des alentours, quand brusquement je vis dans le lointain une forteresse volante, qui volait anormalement. Je pressais le pas et suivais anxieusement le vol de cette forteresse volante.

Malgré les arbres qui bordaient la route, je vis s’éjecter de l’appareil, là-bas tout au loin du bois sur la colline d’en face, des parachutistes, puis l’avion fit une boucle se rapprochant de plus en plus du sol.

 

 


 

 

"Forteresse B17-305 BG, tombée à Wegnez "Croix-Rouge", sur la brasserie "Le

Coq d'or", le 17 août 1943, à 16 h28". Pilote: R. Mc Keegan".

Photo prise par madame Mireille Piquard

 

Comme j’arrivais en courant sur la route en face de la brasserie, je vis cette énorme masse s’abattre. Moi, projetée sur le sol, je cachais ma tête sous mes deux bras, protégée par le petit mur en vieilles pierres qui longeait la prairie de chez Delhaye. Un moment je crus que c’était la fin du monde, quel choc! Un souffle brûlant me balaya le corps,  puis j’entendis des explosions, celles des munitions restant à bord et du reste, après quelques minutes, j’ouvris les yeux.

 

C’était plein de fumée et de poussière. Je pris mes jambes à mon cou et couru chez mes parents qui habitaient un peu plus bas. Quelle frousse! Mais, je suppose que peu de Wegnolais  savent qu’un des deux aviateurs américains, qui avait été découvert sous les décombres bien après son compagnon d’armes (c’est l’odeur nauséabonde qui flottait sur les décombres – car il faisait très chaud – qui le fit découvrir) ne fut enterré sous vrai nom qu’après la libération. Il faut dire que l’on découvrit sur lui deux matricules différents. J’entendis souvent mon père, qui était policier à la commune, me dire « Est-ce bien son nom à ce gars là!».C’est pourquoi, de suite après la libération, comme je suivais des cours d’anglais chez Mr. Nockin à Wegnez, j’écrivis aux familles. À ma grande surprise, deux familles me répondirent que leur fils et frère étaient bien rentrés chez eux après leur captivité. Alors quoi ? Je me rendis au « Foreign Office » à Verviers avec les lettres et documents et exposai cette énigme. Les autorités américaines ouvrirent une enquête. Quelques temps plus tard, j’appris qu’il avait eu un échange de matricules entre deux membres de l’équipage, d’où l’erreur. Tout rentra dans l’ordre et la famille du soldat Claude Davis su que leur fils n’était pas porté disparu mais mort et enterré avec son compagnon d’armes en terre amie. Depuis de nombreuses années, j’ai une correspondance très amicale et suivie des familles Mac-Lain et Davis.

 

Mireille Picquereau, veuve Piquard (texte envoyé par Baudoin Stine)

 

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