Le Bethléem verviétois. Jusqu'au 30/12 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Dimanche, 04 Décembre 2016 16:00

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Parmi les multiples animations et attractions qui s’organisent autour des fêtes de fin d’année, c'est sans doute à Verviers qu'on peut trouver le spectacle le plus original : le Bethléem, que l’on peut voir chaque année au Musée d’Archéologie et de Folklore de la rue des Raines

 
Remontant au XVIIe siècle peut-être et initiée par les Récollets, la tradition des Bethléems subsiste à Verviers au travers d’un unique exemplaire réunissant probablement des parties de plusieurs Bethléems aujourd’hui disparus. Car il y en avait autrefois plusieurs à Verviers, présentés dans diverses salles à l’époque de Noël. Ce fut le cas de celui qui est maintenant au Musée et qui circula jusque dans les années 1950.

Lointain héritier du théâtre à mansions du Moyen Âge, le Bethléem est constitué d'une vingtaine de saynètes disposées le long des murs à hauteur de table. Les personnages et parfois le décor sont actionnés à l'aide de moyens mécaniques d'une ingénieuse simplicité – glissières, plaques tournantes et contrepoids – par des enfants qui se déplacent sous les tables au rythme où, jadis, la commère  emmenait son public de scène en scène tout en racontant l’histoire de la Nativité en wallon dans une version où le merveilleux et l’imagination populaire locale jouent un grand rôle. Et cela pendant que résonnent les chants de Noël traditionnels. À l’heure actuelle, c’est un enregistrement qui lui a succédé.

 

 

Si l'origine du Bethléem semble relativement ancienne, les documents ne permettent pas de remonter plus haut que le début du XIXe, donc bien avant l'arrivée à Liège de l'Italien Conti, qui ouvrit son premier théâtre de marionnettes en 1854. Les textes du Bethléem sont peut-être la survivance d'un jeu très ancien. Certaines versions font parler la Vierge en français, ce qu'on retrouve parfois aussi dans les chants de Noël wallons. Quelques épisodes relèvent d'un merveilleux chrétien très caractéristique, par exemple, lors de la fuite en Egypte, le miracle qui fait pousser rapidement le blé afin de tromper les soldats d'Hérode sans faire mentir le semeur, épisode que l'on retrouve à Liège dans Li Naissance.

 

 

Enfin, le Bethléem présente aussi un grand intérêt sur le plan de la connaissance de la vie quotidienne au XIXe siècle, puisque le décor, le ménage de la Vierge, par exemple, est une miniature évolutive jusqu'à un certain point du décor réel de l'époque. Plusieurs types créés par le Bethléem sont aussi restés dans le parler populaire, c'est le cas du pûri berdjî, qui, pour ne pas se lever, indique le chemin d'un mouvement de sa jambe et qui a subsisté comme le type du paresseux.

 

 

 

 

[Musée d’Archéologie et de Folklore, rue des Raines, 42, 4800 Verviers, les 17, 18 et du 23 au 30 décembre, de 14 à17h, la dernière séance commençant à 16h30. Infos : 087/33 16 95. Prix d’entrée : 2 euros, 1 euro pour les étudiants, pensionnés et groupes de minimum 15 personnes. Gratuit pour les moins de 12 ans. Possibilité de visites pour les groupes sur rendez-vous. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , http://musees.verviers.be ]

                                                                                                                                (Reprise)  (Photos Jacques Spitz, © Coll. Musées de Verviers)

 


 

 

 

Mise à jour le Dimanche, 04 Décembre 2016 16:34
 

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