Simone Huby. Malmundarium. jusqu'au 24/04 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Vendredi, 04 Mars 2016 00:33

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Si, emprunté à l’alchimie, le titre L’œuvre au noir n’avait déjà été utilisé par Marguerite Yourcenar, il conviendrait parfaitement à cette exposition, comme aussi à l’ensemble de l’œuvre de Simone Huby (1933-2011), à qui le Malmundarium rend hommage.

 
Comme elle se développe dans le cloître de l’ancien monastère de Malmedy, l’exposition L’univers de Simone Huby reflète bien le parcours et la recherche de cette artiste née à Waimes et qui vécut et travailla à Saint-Vith.  En 1993, faisant le point sur sa démarche, elle écrivait : « "Peindre" ou "être à l’œuvre" dans un lieu sombre et nu est une sorte de méditation, où l’on éprouve un sentiment de détachement et de liberté… »

Ce détachement, il se trouve aussi dans les objets mis en œuvre par Simone Huby plus encore que dans sa peinture. Parce que ces objets, ces matières, souvent, ont déjà eu une vie, puis sont devenus des rebuts. Bois, bitume, papiers, métal, pierre, cuir, tout est bon pour reprendre dans sa méditation un rôle indépendant de ce qu’ils furent. Souvent, la flamme intervient pour créer ce renouveau noirci et intemporel.

Simone Huby suivait un chemin éminemment personnel, sans référence à des courants artistiques bien déterminés. C’est pourquoi chaque œuvre amène à se poser la question de savoir si c’est l’objet qui a conduit à la re-création ou si c’est l’idée qui cherchait la forme où prendre corps. Et comme, ainsi qu’on l’a vu, le feu efface le temps, la réponse se perd dans l’infini.



Certes, Simone Huby – quoiqu’elle l’ait cru parfois –  n’était pas la première à rendre une âme à des matériaux usés, mais contrairement à d’autres, elle ne cherche généralement pas à en refaire un objet identifiable et plus ou moins farfelu. Elle les refond en quelque sorte en une entité nouvelle qui entraîne le regard et l’esprit vers un autre imaginaire, inédit autant que libre. Pareille survie d’un objet peut suggérer des interprétations mentales accordant, par exemple, une reliure à un paysage de vallée dans lequel on lirait à livre ouvert jusqu’à l’infini, comme le sont les ardoises qu’on extraira d’un massif schisteux.

Le visiteur est ainsi invité à une contemplation active, à dépasser les apparences, à aller au-delà de la pénombre dans laquelle ces compositions furent créées et qui leur colle au corps. Et ce sont les peintures évoquant des chasubles qui rappellent la dimension humaine d’un itinéraire intérieur empreint de silence recueilli.      

[Exposition L’univers de Simone Huby au Malmundarium, Place du Châtelet, Malmedy, jusqu’au 21 avril, 10-17h jusqu’à Pâques, puis 10-18h, fermé le lundi, sauf vacances scolaires.080/799 668080/799 668, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , www.malmundarium.be www.simonehuby.be ]

 


 

Crédits photos :

- Page de titre de la brochure 112 des Amis des Musées de Verviers (Photo Jacques Spitz)

- Portrait de Simone Huby : Photo Albert Moxhet à la Galerie La Marotte, Theux,1990, reprise par le 

    catalogue Fred Lanzenberg.

 -Autres photos : Albert Moxhet, exposition L’univers de Simone Huby au Malmundarium, 2016.

                                                                                                   

 

Mise à jour le Vendredi, 04 Mars 2016 01:08
 

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