Les Funambules de Denis Bruyère PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Vendredi, 11 Décembre 2015 05:40
14.00

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Ils se meuvent selon le découpage des heures de la journée, mais quand ceci paraîtra, le temps les aura déjà conduits loin de Sassor, dans une maison de Boitsfort où un couple verra se dérouler le fil des heures parcouru par de petits funambules au sommet d’une de ces armoires dont Denis Bruyère a le secret et gouverne la magie.

 
«Un intrigant décor : Dans un curieux hameau, un petit personnage vient de se lever, nous salue et se rassied pour continuer la lecture du livre qu’il tient à l’ombre d’un bel arbre. Sur un câble tendu entre une tour romane et un beffroi médiéval, surplombant une humble chapelle, un tout petit funambule s’exerce à un périlleux équilibre. » C’est par ces mots que Denis Bruyère décrit le paysage animé qui surplombe un meuble étrange, une boiserie monumentale à laquelle ses futurs propriétaires souhaitaient un côté gag. Ce qui est assuré, bien évidemment par le "village" où se mettent en mouvement les funambules intellectuels en bronze, mais aussi par les quelque sept mètres articulés du placard lui-même.

Des portes et la surprise d’un panneau pivotant s’y dissimulent dans un jeu de lattes ou plus exactement de baguettes à section carrée en bouleau du Nord et en noyer du Vercors, polis à la cire blanche pour en mettre en valeur les délicates teintes naturelles. Surprise, le panneau pivotant l’est non seulement par son ouverture inattendue dégageant un rayonnage, mais aussi parce qu’il révèle alors en son dos une merveilleuse loupe de bois exotique.

On le sait, son parcours de restaurateur de meubles anciens du patrimoine a donné à Denis Bruyère une fabuleuse expertise dans les techniques traditionnelles d’un savoir-faire qui ne doit, qui ne peut être perdu. Et Denis applique ce savoir-faire à des créations contemporaines guidées par une imagination fertile. C’est pourquoi aussi il travaille avec une équipe dont les membres vivent leur motivation comme une passion.  En l’occurrence, on rencontre ici Pascal Wiertz, électricien automaticien pour la mise au point du système d’animation des petits personnages, Joseph Jorssen, le décorateur qui a réalisé le village selon la conception et les plans du maître des lieux, et Benoît Valenberg, l’ébéniste qui poursuit son apprentissage à l’atelier de Sassor.

Comme c’est souvent le cas, Denis, pour arriver aux résultats prévus, est amené à concevoir des accessoires, voire des machines, d’un modèle inédit. Cette fois, comme il ne voulait utiliser qu’un seul moteur électrique pour toute l’animation, il a dû inventer une came ovale particulière grâce à laquelle câbles, tringles et poulies font vivre le décor. C’est d’une extrême précision, comme l’est aussi le travail du bois qui rythme surfaces et reliefs rehaussés de quelques éclats de bronze patiné à la semblance de l’écorce originelle.

Trois pas plus loin dans l’atelier, quelques-uns de ces morceaux de rochers, calqués sur ceux que Denis croise dans ses promenades, s’ouvrent mystérieusement pour laisser entrevoir les boîtes à secrets qu’ils cachent comme des trésors. (www.denisbruyere.be)  

 


 

 

Mise à jour le Vendredi, 11 Décembre 2015 06:11
 

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