Karagöz au Malmundarium. Jusqu'au 24/01 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Mardi, 03 Novembre 2015 17:34

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Il faudrait être bien naïf ou mal informé pour croire que les marionnettes ne sont qu’un spectacle pour les enfants. Le rôle sociétal et le caractère populaire – les deux sont souvent liés – de ce type de théâtre sont remarquablement illustrés dans l’exposition Karagöz présentée au Malmundarium dans le cadre d’Europalia Turquie.

 
Karagöz et son complice Hacivat sont les personnages d’un théâtre d’ombres créé au XVIIIe siècle et dont le succès fut tel qu’au siècle suivant, on le recontrait presque à tous les coins de rues d’Istanbul. Comme Polichinelle, Guignol ou Tchantchès, Karagöz développe un côté humoristique vis-à-vis des puissants, c’est pourquoi il ne faut pas s’étonner qu’artistes et journalistes l’aient repris dans des caricatures égratignant le pouvoir.

 

 

Ce sont là des aspects de ce théâtre dont rend compte cette exposition, qui permet aussi de comparer les techniques du théâtre d’ombres d’autres régions, essentiellement extrême-orientales. L’exposition a été conçue par le maître marionnettiste Cengiz Ozek, qui est lui-même constructeur et montreur de Karagöz. Les personnages de ce théâtre sont en réalité des ombres translucides et colorées, réalisées en peau de chameau ou de buffle peinte à l’aquarelle notamment. Outre Karagöz lui-même, analphabète populaire, et son ami Hacivat, qui est un lettré, une série des personnages traditionnels bien typés apparaissent contre l’écran de mousseline.

 

On les retrouve à foison dans cette exposition où deux espaces vidéo permettent, l’un de voir une représentation en étant simultanément des deux côtés de l’écran, et par ailleurs, d’assister au travail de réalisation de marionnettes par Cengiz Ozek, un véritable artisanat d’art. Depuis 2009, Karagöz est inscrit par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Inl est manifeste que l’exposition a été conçue avec le souci de faire entrer le visiteur dans l’univers propre à une tradition qui se survit  tout en montrant qu’elle s’inscrit dans un courant artistique qui ne craint pas les parentés lointaines. Avant de pénétrer dans cette exposition, on ne peut manquer d’apprécier d’exceptionnels luminaires en papier dus à Gene Simulak.

 

 

[L’exposition Karagöz est ouverte au Malmundarium, place du Châtelet, 9, à 4960 Malmedy jusqu’au 24 janvier 2016, 10-17h. Entrée : 6 €, Seniors/ Étudiants : 5 €, 6-12 ans : 3 €..Info : 080/799 668080/799 668]

 


 

Mise à jour le Mardi, 03 Novembre 2015 18:08
 

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