Trio d'artistes à Limbourg. Jusqu'au 28/06 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Vendredi, 19 Juin 2015 09:28
 

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Trois disciplines, trois personnalités d’artistes, une exposition, c’est ce qui nous est donné à voir jusqu’au 28 juin dans les salons du château, sur les remparts de Limbourg. On y retrouve les sculptures à lire de Nicole Stenuit et les photographies de Jean Bourseau ; on y découvre les arbres du monde et les stylisations de Sophie Favart-Regout.

 
Bien que n’étant pas journaliste, c’est par la presse que s’exprime Nicole Sténuit, qui a, en effet,   poussé très loin l’art de la sculpture en papier journal. Dans un travail d’une incroyable finesse demandant autant de patience que de savoir-faire, Nicole Stenuit ne fait pas que créer de gracieuses effigies féminines. Elle invite souvent le visiteur à réfléchir au sens de quelques mots encore lisibles sur la matière première de la statue et qui lui donnent son titre. Mais, de toute manière, chaque œuvre est pour l’artiste l’occasion de chercher une réponse à des questions qui se rapportent à la condition de la femme dans l’histoire humaine. Des éléments que l’on pourrait ne prendre que comme des détails de l’œuvre acquièrent, dans cette perspective, une grande signification. On remarquera aussi que les écorces prennent, dans le travail actuel de Nicole Stenuit, une importance croissante. L’artiste y suggère la relation arbre-papier que la sagesse nous demande aujourd’hui de modifier.

C’est aussi l’arbre qui est le motif principal de la peinture de Sophie Favart-Regout. Souvent inspiré de souvenirs africains, l’arbre fait ici l’objet d’interprétations qui doivent leur richesse moins au réalisme qu’à un symbolisme très libre. Tantôt c’est la montagne qui se profile dans le feuillage, mais ailleurs ce sera le ciel au soleil couchant qu’on y devinera, ou alors les branches de la couronne deviennent un jeu alterné de feuilles souples. On ne s’étonnera pas que l’artiste cultive une stylisation qui tient parfois de la mise en abyme, l’arbre se dessinant dans le contour d’une feuille, à moins qu’il ne donne lieu, par une multiplication rythmée, à une composition graphique fondée sur les nuances de deux ou trois couleurs.

Sans avoir jamais abandonné la photographie, mais n’ayant plus exposé depuis l’heureuse époque où la Galerie Primaver révélait des talents en Spintay, Jean Bourseau est passé de l’argentique au numérique avec toujours le souci de rendre compte des "enfants d’ailleurs et d’autre part ". Du Bhoutan et du Tibet, il a rapporté un ensemble de portraits généralement pris sur le vif en des parcours qui ne sont pas ceux des groupes de touristes. Cette approche discrète, un sens du cadrage rapide, l’emploi d’un 400mm, la complicité de la lumière tombant sur des couleurs lui font saisir des moments révélateurs d’une interrogation, d’une gravité, d’un bonheur,… Les excellents tirages, parfois en très grand format, permettent d’apprécier la finesse des regards et des attitudes, mais aussi celle des subtiles nuances d’un hasard maîtrisé en douceur.

[Nicole Stenuit, Sophie Favart-Regout, Jean Bourseau chez Guy et Sophie Favart, Sur les Remparts, 2, 4830 Limbourg, sa 20 juin, di 21, me 24, ve 26, sa 27, di 28, de 14 à 18h, en présence des artistes.]

Dans cet article, les photos des œuvres sont signées Jean Bourseau.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

Mise à jour le Vendredi, 19 Juin 2015 09:51
 

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