Trois Verviétois à Oupeye PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Vendredi, 27 Février 2015 23:36

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Mine de rien, c’est un fameux trio. Ils se connaissent depuis les grandes heures verviétoises des Éditions Marabout, où ils travaillaient à l’atelier de photogravure. Si chacun s’est exprimé de son côté, une exposition    un peu courte, peut-être – va les réunir au château d’Oupeye.

 
Il est remarquable de voir combien l’esprit Marabout a marqué toutes celles et ceux qui ont travaillé chez cet éditeur, que ce soit dans les installations de la rue de Limbourg ou dans ses bureaux bruxellois, même si les contacts entre les deux entités étaient réduits. Dans le cas des trois artistes dont il est question ici, les choses prennent une allure de symbole.

 


 

 On connaît bien, à Verviers, Camille Kairis, dont le talent de photographe, doublé de celui de peintre, a fait l’objet de nombreuses expositions et d’une reconnaissance marquée par l’entrée dans des collections publiques. Nos lecteurs savent que Camille a quitté assez tôt la peinture figurative pour développer une abstraction géométrique rigoureuse, parfois limitée au noir et blanc, ce qui ne l’empêchera pas de travailler aussi les rythmes de la couleur et d’oser des courbes et des nuances fondues là où, précédemment, jouaient les aplats et la ligne droite.

 

 

Albert Faniel était chromiste chez Marabout, la couleur était donc chez lui comme une seconde nature. Son passage du virtuel à la toile "matérielle" a été favorisé par sa découverte de l’acrylique, qui lui permettait plus de rapidité et de souplesse que l’huile. Mais un autre passage joue également un grand rôle dans l’évolution de sa peinture qui, souvent, privilégie les formats panoramiques. Ce passage est une certaine liberté qu’il s’est octroyée en se rendant compte que dans ses paysages des Hautes Fagnes, la précision presque documentaire qui était la sienne au départ pouvait laisser davantage de place à une interprétation plus personnelle. La porte s’ouvrit ainsi vers une forme d’abstraction, mais également vers des marines qui témoignant aussi de vastes horizons librement ressentis.

 


 

Antoine Zamariola a évolué, lui aussi, au départ d’un figuratif devenu un jeu de formes et de mouvements avec lequel il dialogue pour structurer des couleurs cernées d’un trait. La couleur-matière se mue alors en support à une réflexion qui amène à la troisième dimension. Et le peintre devient sculpteur. Des objets de réemploi, déformés et passés à la bombe de taggeur, livrent une vision critique du conformisme quotidien. Canettes triturées, flacons ou rebuts de bois passent à l’état de PVC en manteau d’acrylique. Certains d’entre eux, par la magie du bronze, se retrouvent œuvres inaltérables d’une noble sobriété.     

 


 

 

Mise à jour le Vendredi, 27 Février 2015 23:53
 

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