Abondance de biens... PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Mercredi, 17 Septembre 2014 23:08

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

« Abondance de biens ne nuit pas », dit le proverbe et ce début de la saison 2014-2015 est manifestement une période d’abondance pour l’amateur d’art dans notre région. Dans l’impossibilité de rendre compte de tout en une fois, embarquons-nous pour ce qui pourrait être le premier épisode d’une série.

 
Jhen, né sous le crayon de Jacques Martin, est comme Alix un personnage qui a beaucoup voyagé dans son époque. Et l’on sait combien Jacques Martin (1921-2010) était préoccupé par le côté documentaire des aventures qu’il faisait vivre à ses héros. C’est pourquoi, avec ses collaborateurs et successeurs, il a développé des collections consacrées aux Voyages d’Alix pour l’Antiquité et à ceux de Jhen pour le Moyen Âge. Coïncidant avec le 25e anniversaire de la régionalisation de la Direction de l’Archéologie, la publication de l’album consacré à l’Abbaye de Stavelot constitue une importante démarche visant à faire mieux connaître ce site inscrit au patrimoine majeur de Wallonie et qui, datant du VIIe siècle, est une des plus anciennes fondations monastiques de Belgique.

Dessiné par Marco Venanzi et Mathieu Barthélemy, l’album a bénéficié notamment de la collaboration de Brigitte Neuray, l’archéologue qui, avec son collègue Bernard Lambotte, a mené les fouilles qui, durant plus de vingt ans, ont permis de dégager les vestiges de l’ancienne église abbatiale et d’en retracer l’évolution. C’est à partir de ces données que les deux dessinateurs, avec la caution du Comité scientifique de l’Abbaye, ont pu reconstituer les différentes phases de l’histoire de ce prestigieux ensemble de bâtiments. De plus, ce qui est loin d’être négligeable, alors que les gravures montrant l’abbatiale avant son abandon en 1794 en raison de la Révolution française la montrent toujours sous le même point de vue, les reconstitutions élaborées pour cet album varient les angles et pénètrent à l’intérieur sur les pas des moines et des pèlerins. Textes, dessins, photographies et autres documents font de cet ouvrage un ensemble inédit d’un grand intérêt et parfaitement accessible. Il met ainsi à la portée du public le travail toujours trop confidentiel des archéologues et des historiens. [À l’Abbaye de Stavelot jusqu’au 4 janvier, les planches originales et des objets et documents qui les accompagnent sont intégrés dans le parcours du Musée historique de la Principauté de Stavelot-Malmedy. L’album L’Abbaye de Stavelot est publié par les Éditions Casterman, IBSN 978-2-203-07098-1.]

 

Martine Demonty et Claire Rensonnet exposent leurs aquarelles à la Galerie permanente de la Société Royale d’Harmonie sous le titre général La couleur de l’eau. Si l’on veut bien se rappaler que l’adjectif pittoresque désigne ce qui est digne d’être peint, nous trouvons ici deux stades de la perception de la réalité par des artistes, car c’est avant tout l’œil du peintre qui crée le tableau. Martine Demonty voit d’abord dans le paysage des compositions qui retiennent son intérêt pour quelque raison que ce soit et sa démarche est alors de transcrire son émotion première, sa vision personnelle sur le papier grâce à ses pinceaux.

Chez Claire Rensonnet, la démarche se situe davantage dans l’interprétation. Inspirée aussi par une certaine perception du réel – une barque, les sables de la baie de Somme – l’artiste va aussi plus loin que l’apparence et, en un travail minutieux, décompose la réalité en une sorte de mosaïque faite de petites surfaces aquarellées et comme serties dans les mailles d’un filet. Ce qui avoisine l’abstraction avec une grande liberté et un sens développé et plein de fraîcheur du dialogue des couleurs. [Galerie permanente de la Société Royale d’Harmonie, rue de l’Harmonie, 49, Verviers, jusqu’au 4 octobre, ma, je : 14-18h, me : 14-19h, sa : 11-17h.]          

 


 

Mise à jour le Mercredi, 17 Septembre 2014 23:41
 

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