La Forêt d'Apollinaire / Accordanse PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Albert Moxhet   
Mercredi, 04 Septembre 2013 21:02
 

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

Un roman et un CD qui touchent de près notre région tout en se ménageant des ouvertures sur la poésie française et vers les traditions musicales européennes, tel est le menu de mon Coup de cœur de ce samedi où, par ailleurs, le Patrimoine est mis à l’honneur.

 
Les Éditions Weyrich viennent de publier l’édition définitive de La Forêt d’Apollinaire, le très beau roman que Christian Libens fit paraître pour la première fois en 1998. On sait que l’auteur, Verviétois de naissance, a voué sa vie à la littérature, de nombreux ouvrages en font foi de même qu’une activité incessante de chroniqueur et directeur littéraire doublée de sa fonction de responsable des "Écrivains en classe" au Service de la Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans La Forêt d’Apollinaire, il s’attache au séjour que fit le futur poète, alors âgé de dix-neuf ans, à Stavelot au cours de l’été 1899.

 

 

 L’originalité du roman réside dans le fait que l’auteur cède ici la plume à un vieil instituteur qui, en 1969, note ses souvenirs de l’amitié qu’il partagea, septante ans plus tôt, avec  Wilhem de Kostrowitzky, le "jeune baron russe" hébergé à la Pension Constant. Le charme du récit, c’est qu’il est fait du dedans, Pierre, le narrateur, étant partie prenante dans la vie de la jeunesse stavelotaine de l’époque et notamment du cercle La Fougère qui se réunissait à la Pension Constant. Le jeune Wilhelm participa à ces réunions, c’est là qu’il rencontra Maria Dubois, qui fut sa première muse.

Mêlant avec souplesse les éléments historiques, la connaissance des lieux, une fiction très vraisemblable et même l’identification de ses sources, Christian Libens fait ressentir avec beaucoup de finesse au lecteur l’empreinte que la forêt, les fagnes … et Maria Dubois ont imprimée dans la sensibilité du jeune Wilhelm et qu’on retrouvera dans les textes d’Apollinaire. Le léger aspect romanesque du récit permet d’éviter ce que l’érudition pure aurait de pesant et rend tout à fait naturel le léger anachronisme des cartes postales, puisque ce n’est qu’en 1902 qu’ont été prises les photographies de Maria et de ses deux sœurs en paysannes ardennaises traditionnelles, comme l’ont montré récemment les recherches de Fanchon Daemers (cf. le Samedi Coup de cœur du 13 juillet et l’exposition ouverte au Musée Apollinaire jusqu’au 31 décembre). La description des réalités de l’époque ne manque d’ailleurs pas de susciter chez le narrateur des allusions critiques justifiées, le livre y gagnant toute sa crédibilité. .

[Référence : Christian Libens, La Forêt d’Apollinaire, préface de Bernard Gheur, Neufchâteau, Weyrich, coll. Plumes du Coq, 2013, ISBN 978-2-87489-198-4]

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Le CD d’Accordanse

C’est par un beau soir d’été que j’ai découvert Accordanse. Le groupe répétait dans un jardin theutois, sur fond de bois et de collines. Le tempo et le temps s’accordaient harmonieusement.

L’occasion de mon intrusion dans cette paisible répétition, c’était la sortie imminente du CD enregistré par le groupe sous le titre judicieux de Bien de chez nous. Judicieux, en effet, parce que les dix musiciens et musiciennes qui constituent le groupe viennent de Theux, Stavelot, Limbourg ou  Embourg, que c’est à Theux qu’ils répètent, que le CD a été enregistré au studio de Michel Beaufays à Louveigné et que les quinze morceaux qui en constituent le programme débouchent sur un hommage à Élie Demaison : la Valse de l’Aubier, composée par celui qui fut un musicien, sculpteur  et vannier éminemment sympathique à tous les Theutois. Faut-il s’en étonner quand on se souvient qu’Élie jouait avec les Zimtheux et qu’on s’aperçoit que cinq des membres d’Accordanse ont joué ou jouent toujours dans cet ensemble ?

 


 

Accordanse se définit comme un groupe de musique wallonne et traditionnelle. Longtemps c’est lui qui accompagnait exclusivement les Marihâs, danseurs theutois avec lesquels il se déplaça dans divers pays d’Europe. Ce n’est donc pas sans raison que des danses d’autres régions se retrouvent au répertoire d’Accordanse : bourrées, gigues et autres polkas. Violons, alto, guitare, flûte traversière, flûte à bec, accordéon, clarinettes, cornemuse et vielle à roue sont les instruments qui, sur des arrangements de Jean Dizier, permettent à l’ensemble de faire revivre des partitions retrouvées souvent dans des carnets de ménétriers. Accordanse, que l’on a pu entendre récemment à Olne Autrefois et à la Fête des Vieux Métiers de Sart-lez-Spa, se règle sur le caractère paisible des danses de jadis, qui, ne l’oublions pas, étaient conçues comme un véritable jeu de société où chaque couple avait son rôle à jouer dans un ensemble convivial. À l’image de ce groupe.

[Contact : Isabelle Pirotte, 0494/71 89 05, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. . Le site d’Accordanse est très complet et intéressant : www.musiqueaccordanse.be]

Mise à jour le Mercredi, 04 Septembre 2013 21:34
 

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