28 avril 1944 : au retour de Montzen, un Halifax explose au-dessus de Verviers PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Wynants, Président SVAH   
Jeudi, 25 Février 2010 20:33

Le Bomber Command  britannique est formé en 1936 mais c’est seulement à l’automne 1941 qu’est adoptée la tactique d’Area Bombing (bombardement de zones)et non de raids de précision.

Quelques mois plus tard, en même temps qu’arrivent les bombardiers Halifax et Lancaster avec des systèmes de navigation précis, la nouvelle politique détermine une série de villes industrielles allemandes à prendre pour cibles. En février 1942, l’Air Marshal Arthur Harris est nommé à la tête du Bomber Command et met en œuvre cette nouvelle stratégie dont il n’est pas l’inventeur mais à laquelle il adhère.

Commencent alors les grands raids, parfois de 1000 avions.

Le Halifax, construit à plus de 6.000 exemplaires est un avion assez maniable, au plafond assez bas (7.300 mètres).


Le déroulement d’un raid se fait selon  des rites soigneusement établis, avec des escadrilles d’éclaireurs qui baliseront les cibles et les points de changement de direction. On relève une dizaine au moins de chutes d’avions de la RAF dans notre région.

Le raid de Montzen, la nuit du 27 au 28 avril 1944, s’inscrit dans la préparation du débarquement et la neutralisation des installations ferroviaires. Alors qu’un vent assez fort a déplacé les marqueurs vers une cité voisine où le nombre de victimes civiles est important, seule une partie des installations visées est atteinte. 144 avions participent à l’attaque mais 15 d’entre eux sont abattus, surtout ceux de la seconde vague, accrochés par la chasse de nuit et la Flak.

Un des avions qui va se faire abattre  est le Halifax canadien QO-W du squadron 432. C’est la première mission de l’appareil et de son équipage. Six aviateurs perdent la vie, deux seront faits prisonniers de guerre.

A 01.40H, quelques instants après avoir largué les bombes, l’appareil est atteint par le chasseur de nuit du redoutable Heinz-Wolfgang Schnaufer, officier supérieur à  22 ans, ce qui en dit long. C’est sa 61e victoire et son tableau de chasse final se montera à 121 avions abattus, dont 114 quadrimoteurs.

Vers 01.50H, le Halifax explose au-dessus de Verviers, répandant ses morceaux et les corps en plus de 22 endroits, avec une sorte d’épicentre dans le jardin du home Saint-Joseph chaussée de Heusy.

Inutile de dire que la population cherchera à voir, parfois même à recueillir des souvenirs, et aussi à honorer les corps transportés sur une charrette à bras.


Le mitrailleur dorsal, Pilot Officer Harry T. Davis, est retrouvé mort, parachute non ouvert, sur le toit d’une annexe de la prison. Une stèle commémorant cet événement sera inaugurée en 1945. Emeutes et reconstruction ont fait que la plaque n’est plus complète, bien que toujours conservé. Le neveu de Davis s’efforce d’obtenir des renseignements sur la fin de son oncle et se promet de venir à Verviers. C’est ainsi que nous avons entamé cette recherche.

Elle a mis en évidence aussi le curieux et triste sort du Squadron Leader Edward W. Blenkinsop, un autre Canadien, suppléant du Master Bomber (l’officier navigant menant le raid), abattu au retour, seul rescapé de son avion. Recueilli par la résistance, il est arrêté dans la terrible affaire de Meensel-Kiesegem, en été et, perdant son statut de prisonnier de guerre, meurt à Neuengamme en janvier 1945 à 25 ans.

Mise à jour le Vendredi, 05 Mars 2010 07:19
 

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