Joseph SCHMETZ, un Verviétois devenu leader syndical aux Etats-Unis. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Wynants, SVAH   
Mardi, 03 Novembre 2009 08:21

Voilà une histoire singulière, qui nous est révélée par l’article de Micheline GAUDETTE, dans "Belgian Laces, official quarterly bulletin of the Belgian Researchers" (Belgian American Heritage Association), Peru, Indiana, USA, , vol. 31, n° 121, septembre 2009, p. 95-99.

Joseph SCHMETZ naît à Verviers en 1891, de parents tous deux originaires de la région d’Aix-la-Chapelle.

A 18 ans, il opte pour la nationalité belge. Qu’a-t-il fait durant la Première Guerre mondiale ? Nous l’ignorons mais, en février 1920, il part pour le Canada avec son épouse et ses deux enfants.

Ils sont plus de deux cents Belges à s’être ainsi embarqués à Southampton sur le Scotia. Signe des temps durs que vit la Belgique dans l’immédiat après-guerre ?

La famille quitte le Canada en 1923 pour s’installer aux Etats-Unis, à Lawrence,  Massachusets.

Joseph y trouve facilement un emploi dans l’industrie textile locale : il est un fileur expérimenté.

Mais bientôt, son attitude contestataire le fait mettre sur la liste noire des industriels de la ville et il déménage à Woonsocket, Rhode Island, ville qui regorge d’immigrants franco-canadiens. Il retrouve facilement du travail, gagne un bon salaire, son épouse et sa fille travaillent également.

Le virus de l’engagement social ne l’a pas quitté. Avec d’autres travailleurs d’origine belge et française, il fonde un syndicat textile indépendant (ITU) en 1931.

Il est considéré comme radical, socialiste, voire communiste ce qui est tout à fait faux.

En 1931 déjà, son syndicat remporte une victoire important dans un conflit social local.

Joseph Schmetz, dans son action, est fortement influencé par le syndicalisme belge qu’il a connu et pratiqué avant d’émigrer. C’est à la fois un homme résolu et même brutal et quelqu’un qui pense juste.

Son épouse est aussi active dans le syndicat, ce qui, comme le fait justement remarquer Micheline GAUDETTE, n’est pas du tout anormal pour une Verviétoise.

En 1936, Joseph quitte son emploi et devient président salarié de son syndicat, au même salaire qu’à l’usine ! Sous sa direction, les ouvriers textiles de sa région deviennent les mieux payés des USA.

Son autoritarisme amène, en 1943,  sa non-réélection à la tête de l’ITU maintenant affilié à la puissante centrale CIO. Il meurt l’année suivante, d’un cancer de l’estomac.

Son épouse continue à travailler jusqu’à l’âge de 68 ans et meurt en 1984 à 92 ans.

Curieuse destinée…

 

Ó Jacques Wynants et SVAH 2009

Mise à jour le Mardi, 03 Novembre 2009 08:26
 

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