Promenade guerrière rue Xhavée
Écrit par Jacques Wynants   
Samedi, 26 Mars 2011 17:00

Le créateur de ce site, Christophe Dechêne, m’avait invité comme tous les autres chroniqueurs  à une promenade-rencontre  en ville ce dimanche 27 mars 2011.

Ne pouvant y participer, j’ai voulu quand même, de loin,  émailler le parcours de quelques anecdotes historiques concernant la rue Xhavée.

A l’entrée de la rue Xhavée, au n° 1, à gauche en montant, nous trouvons l’immeuble imposant de Dexia. Durant les deux guerres, ce bâtiment a joué un rôle non négligeable

Pendant la première guerre mondiale, il est la propriété de M. Siquet, qui sera fusillé pour espionnage, le 25 avril 1918 à Namur.

 

Le nom de ce concitoyen se trouve gravé sur la stèle fixée à l’escalier, au-dessus de la rue des Martyrs, car les martyrs auxquels se réfère le nom de la rue, ce sont les patriotes verviétois fusillés en 14-18 : Henri Siquet, Alphonse Ramet, auteur wallon, exécuté le 19 mai 1916 en même temps que Victor Lemoine, plombier, Orphal Simon, ouvrier textile mort le 18 octobre 1915.

Les incultes qui confondent la rue des Martyrs et la place du Martyr devraient se cacher dans un trou de souris. Ils ne font pas honneur à ceux qui ont sacrifié leur vie pour eux, même si le martyr de la place du Martyr, Chapuis, et les martyrs de la rue des Martyrs sont également respectables.
La Veuve de M. Siquet continue le commerce. En mai 1940, nos protecteurs germaniques s’y installent sans vergogne.
Inutile de dire que Me Siquet, qui n’a pas sa langue en poche et dont on  peut imaginer les sentiments anti-allemands, ne s’est pas laissé faire. Elle se plaint de ses locataires obligés auprès du bourgmestre dès mai 1940.


Tout cela n’empêche pas cet hôtel de devenir bientôt le mess de la garnison permanente de Verviers.
Et, le 9 septembre 1944, quand les Allemands disparaissent, il en reste un seul, à l’hôtel St-Jean, qui va tirailler comme un beau diable depuis le second étage du bâtiment avant d’être abattu dans l’après-midi.  C’est un jeune policier de Cologne, Bruno Zielinski: Feldgendarme ? Gestapiste ?
Voir la photo du combat : doc. Me Vve G. Boland.

 

Avançons dans la rue, droit devant nous. Aujourd’hui, nous voyons la CBC, imposant immeuble.
Le mardi 12 septembre 1944, alors que tout Verviers était en liesse, vers 21h45, un avion allemand largue une série de bombes. Celles-ci atteignent notamment la rue Xhavée et la rue Chapuis. Par ex. Le magasin « Au Saint-Esprit », CBC actuelle, est gravement touché.
Il y aura  quatre morts et un blessé.
Douche froide qui montre que libération ne signifie pas fin de la guerre.

Et, en face de la CBC, un bâtiment maintenant annexé par le Conservatoire fut longtemps une école professionnelle de peinture de la Ville.
Durant la seconde Guerre mondiale, c’est le casernement de la Feldgendarmerie :  24 hommes à Verviers, plus  les services extérieurs, Spa et Stavelot. L’officier, lui, vit en ville, aux Boulevards. Les repas se prennent à l’hôtel Saint-Jean. Cette équipe dispose de  voitures et motos side-cars.
Le casernement servit de chapelle ardente pour le Felgendarme abattu par des résistants à Soiron, la nuit  du 19 au 20 février 1943. Une patrouille de deux gendarmes allemands essaya d’intercepter les occupants d’une voiture venant de Xhendelesse  qui bravait le couvre-feu. Dedans, trois résistants qui venaient de « voler » les timbres de ravitaillement de Xhendelesse.…..Le véhicule appartenait à la Ville de Verviers et était  mis à la disposition de l’échevin rexiste Kaufman à qui il avait été volé quelques jours plus tôt. On enterra la victime le mardi 23 février 1943, après-midi, avec les honneurs militaires.

Quand nous quittons la rue Xhavée et la rue Chapuis, nous arrivons rue Jardon puis, un peu plus tard quand même, à l’Harmonie.
Mais ce sera pour une autre fois !

Jacques Wynants

Merci Jacques pour cette contribution !

 

Mise à jour le Dimanche, 27 Mars 2011 21:00
 

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