Michel Mohring, histoire d'une passion : les motos anciennes... Mon FN PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Michel Mohring   
Lundi, 15 Novembre 2010 19:26

Après vous avoir raconté l’histoire de la découverte de ma Saroléa, de sa restauration et de tout le bonheur qu’elle me procure depuis plus de 30ans, je vais vous conter celle de mon FN. Un peu d’histoire est nécessaire pour mieux   comprendre la suite.                                                                                        

La Fabrique Nationale est connue pour ses armes et son matériel militaire mais très peu pour sa fabrication d’automobiles et de motos, et pourtant. En 1902 ,tout au début de l’histoire de l’automobile FN sort de ses ateliers la première moto propulsée par un moteur de sa propre fabrication, ce qui est  déjà un exploit .

 

 

1905 voit apparaître le premier 4cylindres au monde monté dans le cadre d’une moto.

Pendant 60ans la FN a mis sur le marché international  des véhicules aux qualités techniques remarquables et à la fiabilité exemplaire.

La liste des exploits est tellement longue que dans ce texte je ne peux les énumérer tous .

Un seul exemple,en 1934 René Milhoux établi  le record du monde de vitesse sur son FN500à compresseur à 224km à l’heure.

 

Cela donne une idée du dynamisme de l’entreprise à cette époque Saroléa, FN ou Gillet  se sont mutuellement stimulés pour produire des machines d’exception

On s’en rend compte aujourd’hui dans les rencontres de vielles motos.  

 

 

 

 

 

 Mon FN traîne dans le fond d’un garage chez un collectionneur de voiture dans la région de Herve et lui la récupérée dans un petit village des environs. Vous comprendrez plus tard dans ce récit qu’il y a une raison pour la quelle cette moto est restée au alentour de Liège.

 

 Nous étions plusieurs a connaître cette moto mais elle ne correspondait pas aux photos des différents catalogues d’époque. Beaucoup de détails faisaient pensé à un véhicule reconstitué  avec des pièces d’origine diverses . La chance me sourit une nouvelle fois. Par le plus grand des hasard je tombe sur une photo de mauvaise qualité  ou l’on devine Jacques Ickx (le père de Jacky) chevauchant une FN.

Le seul point commun, le pot d’échappement dont la courbure est identique. Très vite  dans ma tête j’associe les deux. Et si la moto retrouvée était un prototype construit pour la compétition. Pourquoi pas.
                 

J’achète sans être certains. La moto est délabrée, complète avec un side-car .Manifestement on voit que quelqu’un essayé de bricoler dessus en vue de la redémarrer mais sans succès, c’est mieux comme ça. Elle demande une restauration de fond en comble. Au fur et à mesure du démontage force est de constater  que c’est une pure merveille et que chaque pièce est ajustée avec soin et précision ;Plus le moindre doute je suis sur une machine d’exception. 

J’envoie un courrier à la FN  pour en savoir plus. Avec le numéro du cadre et du moteur leur recherche stipule que je suis l’heureux propriétaire d’une FN type M86 600cc.

Faux bien sûr, rien dans la réalité ne correspond. Le chiffre frappé sur le bloc moteur permet d’obtenir un certificat d’immatriculation d’un modèle de série. Ma moto est  un exemplaire unique conçu pour les épreuves longues distances, comme Liège Milan Liège et pilotée par des spécialistes de ce genre de course.

Fin des années 70 il était difficile d’expertiser une moto, peu d’informations sont disponibles.

 

 

 

A l’heure d’aujourd’hui, plusieurs ouvrages magnifiquement documentés et illustrés se trouvent en librairie. C’est ainsi que l’on s’aperçoit de la richesse extraordinaire de notre patrimoine motocycliste en  bassin liégeois. Cette richesse est ignorée de beaucoup, c’est dommage. Voici la raison du pourquoi  mon FN est restée dans un coin perdu du plateau de Herve, et cette anecdote me vient d’un ancien concessionnaire .Les mécaniciens du service course  retournaient chez eux en moto pour parfaire les réglages et roder les moteurs.

Ma moto aura été sauvée de justesse avant le bombardement de l’usine par les allemands.

Un autre petit détail m’a été raconté par monsieur Simens agent FN à Dison. Le service course marquait le vilebrequin des moteurs aux initiales de ses mécaniciens.vérité confirmée sur mon moteur lors du démontage de celui-ci.

 


 

Après plus d’un an  de restauration, ou chaque vis et chaque rondelle a été nettoyée, contrôlée, polie, rechromée et remontée  le moment tant attendu arrive, la mise en marche. L’instant est magique. Un tas de ferraille qui reprend vie. La  première explosion et le bruit du moteur vous prennent aux tripes.

C’est un sentiment que l’on ne sait exprimer. Une chose est sûre, descendre le kick de ce 600 culbuteur surpuissant demande un coup de jarret hors du commun. Vive le démarreur électrique de nos motos modernes .La conduite d’un ancêtre exige beaucoup d’attention et de prudence ne serait ce que par le manque de suspensions à l’arrière, la fourche parallélogramme à ressort à l’avant et les freins qui ne sont pas toujours à la hauteur des performances. Cette type 15 flirte avec les 160km/h.

Voilà maintenant le pourquoi de ce coté hybride ou bitza de mon FN. La fourche et la roue avant sont empruntées à la bicylindre de Grand Prix .C’est une belle photo parue dans un ouvrage spécialisé qui le révèle,il en va de même pour le réservoir grande capacité issu de la 1000 militaire,  le bas moteur provient du modèle type11, le haut moteur  en magnésium est unique et conçu de manière remarquable, l’ensemble a  été baptisé type15 . L’ultime version de ce moteur a  obtenu le titre de champion d’Europe de moto-cross en 1954 avec  Auguste Mingels et champion du monde en 1958 avec René Baeten.

 

 

 

 

Ma type 15 dort tranquillement au fond de mon atelier sous une couverture bien chaude en attendant le printemps.

Je me réjouis déjà de sortir pour une balade parmi les arbres fruitiers en fleurs du pays de Herve sa région natale.

 

 

 

 

 

Ce conte de fée véridique pourrait être un beau conte à l’approche de Noël.
Cette moto est considérée à juste titre comme une des plus belle réalisation du savoir faire liégeois et de toute l’histoire de la moto belge

Mise à jour le Dimanche, 12 Décembre 2010 09:43
 

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