| Michel Mohring, histoire d'une passion : les motos anciennes... et liégeoises |
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| Écrit par Best of Verviers | ||
| Samedi, 16 Octobre 2010 08:13 | ||
Histoire d’une passion L’histoire de la moto belge et particulièrement de la moto liégeoise est fabuleuse, exceptionnelle. Honnêtement, je pense qu’elle aurait dû figurer dans nos manuels scolaires. Quelle belle aventure humaine, technologique et sportive.
L’armée allemande envoyait dans la campagne de Russie nos FN side-car bien plus performantes que leurs BMW . Et en 1927 une Gillet attelée ralliait le Congo belge en traversant le désert du Sahara. Presque tout le monde a oublié mais pourtant les faits sont là. Petit, je lisais dans Spirou « Les histoires vraies de l’oncle Paul ». Et ces histoires m’impressionnaient parce qu’elles étaient vraies. Ainsi rien que par leur aspect il est facile de restituer avec précision leur époque. Par exemple, les motos de petites cylindrées qui servaient aux ouvriers de l’immédiat après guerre contrastent avec les gros cubes sophistiqués et remplis de chromes d’avant guerre. Les heures de gloire de la moto liégeoise se situent dans les années 30 hormis le moto-cross. Le déclin s’est amorcé avec la guerre. Le surplus militaire de nos alliés n’a pas aidé au redémarrage de l’industrie. Nos trois usines tirent leur révérence au début des années 60, alors qu’en 1959 les Japonais débarquent sur le continent avec un nouveau concept : la moto loisir. Nous ne réécrirons pas l’histoire. En 1967 ici à Verviers à lieu le premier rallye international pour motos historiques datant d’avant 1930. J’y suis avec une Saroléa prêtée par un ami.
Elles se sont illustrées partout dans le monde avec succès en circuits en courses de côtes (record du Mont Ventoux pendant 10ans) et plusieurs records du monde. A partir de 1933 la version course s’appelle dorénavant « monotube » (qui veut dire un seul tube d’échappement.) A l’étranger, elle porte le nom de Grégoire. Nous sommes au mois de septembre, je me suis juré d’envoyer une photo du moteur restauré avant Noël à mon ami Willy. Sans trop tarder je me mets au travail. Dans la version « double arbre à cames en tête »chaque pièce est à elle seule une œuvre d’art, merveille d’esthétique et de technologie. N’oublions pas que l’ensemble date milieu des années 30 Je ne dispose d’aucun plan pour reconstruire ce moteur.
Ce’ n’est que 20 ans plus tard que par le plus grand des hasards lors d’une collecte de vieux papiers toutes les archives de chez Gillet et de chez Saroléa ne sortent de l’arrière boutique d’une vieille librairie de Liège. Miracle et bonheur pour faire revivre ces marques liégeoises oubliées. En examinant mes pièces une chose me surprend, outre des arbres à cames commandés par renvoi d’angles un est monté avec un pignon chaîne. Etrange car ce montage n’a jamais existé. Bizarre car il fait bien partie du lot du service course. Après bien des calculs, des essais, des mesures en tout sens je m’aperçois que tout s’adapte sur le moteur monotube. Ce qui semble vouloir dire que la version originale a bel et bien été montée sur la base de l’ancienne version course. C’est cette version que j’ai reconstruite sans modifier la moindre chose car chaque pièce retrouvait sa position originale.
Voilà donc la moto prête pour sa première sortie. Elle a lieu à Zolder. Sur place énormément de personnes viennent admirer ce monstre, prêt à s’élancer sur la piste. Un monsieur d’un âge respectable accompagné, de son fils, s’arrête et se met aussitôt à pleurer d’émotion. Il avait travaillé chez Saroléa et reconnaissait la moto. Après bien des partages de souvenirs, il me dit qu’une petite erreur de restauration mériterait d’être corrigée. La ligne bleue de réservoir n’est pas tout à fait conforme à l’originale. Je m’empresse de corriger ce détail.
Pour conclure cet article, je vous livre une dernière anecdote. A Misano, en Italie, en m’inscrivant pour une rencontre de motos de course, je reçois le disque numéro 1. A mes cotés sur la grille de départ, un certain Agostini sur son Mv, Bill Lomas sur la Guzzi V8 et Taveri sur sa petite Honda 5 cylindres. Ne me demandez pas dans quel état je suis. Conclusion : Nul n’est prophète en son pays,et c’est dommage. La moto liégeoise est un patrimoine vivant, bruyant et fumant à ne jamais oublier. Qu’on se le dise.
Merci Michel pour ce merveilleux récit, nous en espérons d'autres. A noter que toute personne intéressée pour voir sa collection ou possédant des documents ou pièces peut le contacter : |
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| Mise à jour le Dimanche, 12 Décembre 2010 09:43 |

















