Juan Manuel Fangio 1911-1995, histoire des grands pilotes de Spa-Francorchamps PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gaetan Plein   
Lundi, 04 Avril 2011 15:25

Ce pilote automobile argentin a gagné le Grand Prix de Francorchamps en 1950 (Alfa Roméo), en 1954 (Maserati), et en 1955 (Mercedes Benz).


Né dans une modeste famille d’immigrés italiens, il s’ennuyait à l’école, ne se passionnant que pour le football et la mécanique.  Adolescent, il devient un excellent mécanicien.  On lui donne la chance de tester les bolides. 

Très vite repéré pour son talent avant la guerre, il est engagé comme pilote.

Cinq fois champion du monde sur quatre modèles différents

L’originalité de sa brillante carrière sera de changer fréquemment d’écurie et de devenir cinq fois champion du monde sur quatre modèles différents.  La dernière fois à l’âge de quarante six ans !  On remarquera dans ma caricature qu’il était devenu grassouillet et aimait les bons restaurants …bien loin des profils longilignes et fluets de nos jeunes pilotes sobres actuels (Vettel, Lewis Hamilton, ou Nico Rosberg)

 


Cette époque héroïque était dangereuse pour les pilotes, mais aussi pour le public.  Ainsi, Fangio échappe de peu au terrible accident des 24 h du Mans en 1955.  Plus de 80 spectateurs fauchés dans une tribune et un grand nombre de blessés… Ce drame met un terme à la suprématie des célèbres Mercedes argentées. 

Après quinze années d’absence, la marque à l’étoile était revenue à la compétition et remporta en trois ans de nombreuses victoires en course et aussi à la Panaméricaine.  Cette course oubliée, contemporaine du célèbre Liège- Rome-Liège, avait été gagnée en 1952 par une Mercedes 300 SL.  
Cette voiture à portes en papillon restera sans doute un des plus beaux modèles de tous les temps.  Un fleuron de la renaissance allemande après la guerre.

 


 

En Grand Prix, Fangio roulait alors dans une autre catégorie.
Le modèle 196 avait l’originalité de se décliner en deux versions selon un circuit lent ou rapide.  Un modèle utilisait le fuselage étroit et l’autre les roues carénées, très différentes d’aspect.  Que de liberté pour les constructeurs dans les années cinquante, quand on compare à la pléthore et la précision des règlements actuels…  Fangio devint avec le temps une gloire incontournable. 

Ainsi, de passage à la Havane, il est enlevé par des rebelles cubains, commandés par une tête brûlée, un certain Fidel Castro.  
On le relâchera le lendemain, après que l’événement soit connu du monde entier.  Il avait été bien traité et le but médiatique des révolutionnaires fut pleinement atteint !

Pour illustrer la notoriété de ce pilote, voici trois anecdotes :

-    Il n’a obtenu son permis de conduire qu’en 1961, des années après sa retraite ;
-    L’expression est restée proverbiale : conduire comme Fangio, se dit de quelqu’un qui roule à très grande vitesse ;
-    Quand il meurt à Buenos-Aires, le gouvernement argentin décrète un deuil national de trois jours.



La course automobile à Spa et à Francorchamps dans l’après-guerre.

Comme guide officiel du circuit de Francorchamps, je croise occasionnellement des personnes âgées nostalgiques. Je les écoute religieusement quand elles racontent cet âge d’or du sport automobile, qui laisse à Spa des souvenirs d’anthologie.  J’envie l’époque de Liège-Rome-Liège (1931 1960).  Quand on croisait sans chichi, dans le Parc de Sept Heures ou à l’hôtel du Roannay : Olivier Gendebien, Willy Mairesse, Lucien Bianchi et plus tard Jacky Ickx.


Je pense à d’anciens scouts, pensionnés depuis belle lurette.  Ils me racontaient leurs petits exploits de bénévoles montant sur des échelles pour placarder les informations sur un panneau dans les paddocks devant une foule immense.  « Jim Clark, Lotus 14, toujours en tête »  « Accident de la Gordini 46, à Masta. Pas de nouvelles du pilote … ».

 

 

Et près de « l’arbre-qui-tue », les commentaires allaient bon train.  
Cet « arbre-qui-tue » n’a jamais tué personne.  Mais la buvette à côté, célèbre lieu de rendez-vous dans les paddocks, est connue pour les « gueules de bois » du temps de l’ancien circuit.

D’autres scouts roulaient en vélomoteur Flandria ou Zundap vers tous les postes qui jalonnaient l’ancien circuit de 14 km.  Ils servaient de liaison  aux commissaires de pistes avec des « stencils ».  Parfois ces juvéniles estafettes se laissaient corrompre et s’arrêtaient près d’une jolie demoiselle, espionne travaillant pour « le grand public de la tribune du tournant de Stavelot ».  Ainsi, une adolescente de charme informait son papa spectateur qu’une Mustang avait un problème de carburation. Et le papa faisait passer l’information confidentielle… à toute la tribune assise.  Le bon temps du téléphone arabe « bon enfant » et de la rumeur avant internet et les sms…

Et puis il y avait aussi ces fils de fermier du coin autour du circuit, qui louaient une prairie comme parking.  
Ainsi une école finançait l’excursion de fin d’année ou une troupe folklorique achetait les tissus des costumes du Carnaval de Malmedy.  Parfois aussi, le fermier nommait son cheptel en fonction d’un souvenir de course.  Un fermier m’a dit que son taureau reproducteur dans les années 70 s’appelait Agostini, comme le champion italien sur MV Agusta « parce qu’il gagnait à tous les coups ».  
Je voudrais leur rendre hommage, à ces très nombreux témoins du temps jadis.

Je pense en écrivant cet article à ce jeune et sympathique Jérôme d’Ambrosio, qui doit se défendre avec de modestes moyens en F1 cette saison 2011.

Francorchamps a évolué avec le temps.  Le nombre d’événements par an, entre fin mars et début novembre, est impressionnant.  Les professionnels du tourisme considèrent le circuit permanent comme un moteur de l’économie régionale.  Par contre, la F1 est déficitaire. Le sport automobile devient un laboratoire des nouvelles technologies plus respectueuses de l’environnement et de la sécurité.  Il faut vivre avec son temps.

 

 

 

La photo de Gaëtan à l’époque ou il avait des cheveux ! 

 

lors d’une animation « putting golf » au Dorint hôtel Spa avec le champion du Monde, Nigel Mansell, l’année de son sacre, en 1992

 

Gaëtan Plein : guide du circuit (avril 2011)

 

 

Mise à jour le Mardi, 19 Avril 2011 17:10
 

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