S'adapter aux circonstances... Même non loin d'un tas de fumier ! Imprimer
Écrit par Jean-Marie Poncelet   
Vendredi, 19 Août 2011 16:03
 

D'habitude, en été, je fais de l'affût près des flaques d'eau (voir chronique du 27/10/2010 "La flaque à René").

Cette année, avec le temps très pluvieux que nous avons, le nombre de flaques est trop important et la probabilité d'y voir des oiseaux est trop aléatoire.

Un jour, lors d'une balade, en arrivant près d'un tas de fumier, je fais envoler quelques oiseaux. J'ai juste le temps d'en identifier certains: Bergeronnettes grises, et au moins un Tarier pâtre.

Je décide de m'éloigner de l'endroit et d'observer pour voir si les oiseaux sont simplement de passage ou s'ils y sont réguliers. Je gare ma voiture une centaine de mètres plus loin, saisis mes jumelles et commence mon observation.

Je ne dois pas attendre très longtemps pour voir revenir quelques oiseaux. Malheureusement, la lumière est trop mauvaise pour faire des photos correctes. Je décide donc de rentrer et de revenir quand la lumière sera un peu plus intéressante.

 

Quelques jours passent. Enfin, un matin, en me levant, je vois le soleil en train de pointer le bout de son nez. Aussitôt mon petit déjeuner avalé, je charge mon matériel photo dans la voiture et je prends la direction du tas de fumier. Arrivé à une centaine de mètres de l'endroit, je me gare et commence à observer.

Ce serait dommage de faire fuir un oiseau rare. Ne voyant rien de spécial, je décide d'avancer pour me rapprocher. Je suis sur place. J'accroche mon filet de camouflage sur la fenêtre ouverte de la voiture, recule mon siège pour être bien installé: je ne sais pas combien de temps je vais affûter.

L'attente commence. La prairie sur laquelle sont entreposés les excréments est en bordure d'un petit chemin bordant un bois. L'endroit est propice pour faire de belles rencontres.

Tout à coup, je vois bouger, à une vingtaine de mètres de moi, une première Bergeronnette grise vient de se poser. Il faut dire que les insectivores sont à la fête: je vois voler beaucoup de petits insectes en surface du fumier. Heureusement pour moi, celui-ci est assez ancien et déjà décomposé, donc pas d'odeurs et, à mon avis, il doit regorger de vers de terre et autres petites bestioles. La Bergeronnette se rapproche, je fais quelques photos. Elles me servent à peaufiner les réglages et surtout la balance des blancs. Une deuxième Bergeronnette vient retrouver la première: ce sont des juvéniles, elles ont encore les commissures du bec de couleur jaune.

 


Bergeronnette grise
 

Sur un fil barbelé bordant la prairie vient de se poser un Tarier pâtre mâle, mais trop loin pour faire une photo. Par contre, voici la femelle qui est directement suivie par un juvénile, puis un autre. Ils suivent maman en quémandant de la nourriture. La pauvre est pourchassée, dès qu'elle change de place, les petits la suivent.

Je suis toute la scène dans mon viseur en essayant d'immortaliser le moindre comportement. Les oiseaux viennent parfois très près et même parfois trop près! Il faut dire qu'après quelques minutes la voiture fait partie intégrante du paysage.

 

 

Tariers pâtres

En relevant la tête, je m'aperçois que les oiseaux sont venus en nombre. Quand on est concentré sur son viseur, on n'a plus qu'une petite surface visible et on ne se rend plus vraiment compte de ce qui se passe autour de nous. Je jette un regard rapide et je vois une bonne vingtaine d'oiseaux circulant et cherchant de la nourriture. Il y a: des Bergeronnettes grises, les Tariers pâtres, une Fauvette grisette, un Accenteur mouchet, des Pipits farlouses et des Pipits des arbres, un Pouillot véloce ainsi que son cousin le Pouillot fitis.

Tous ces insectivores s'en donnent à coeur joie et profitent de cette manne providentielle. Pendant de très longs moments, je fais beaucoup de clichés des diverses espèces qui se présentent dans mon viseur.

 

 

Fauvette grisette

 

 

 Accenteur mouchet juvénile

Tout à coup, tous les oiseaux s'envolent en même temps et en criant. Tout de suite, je pense: Il y a surement un rapace. Effectivement, j'ai juste le temps d'apercevoir un Epervier d'Europe beaucoup trop rapide pour que j'aie le temps de faire la moindre photo. Peu de temps après son passage, les oiseaux reprennent leurs va et vient en quête de nourriture.

 

 Je regarde leur manège quand, soudain, un oiseau atterrit sur le tas. Je n'en crois pas mes yeux. C'est un Bec-croisé des sapins. Que vient-il faire là ?

Cet oiseau se nourrit principalement des fruits secs de conifères et je suis plus habitué à le voir à la cime des épicéas qu'à terre. Doucement, je le vise et fais quelques photos. Il est à moins de 5 m de moi. C'est un juvénile, il est de couleur jaune-vert et a la poitrine et les flancs striés. Il reste au-dessus du tas. J

e me demande vraiment ce qu'il veut et je vais avoir la réponse très vite. Il commence à descendre le tas de fumier tout doucement et puis, à ma grande surprise, il commence à manger à plein bec. Pendant que je le mitraille, il se gave, peut-être des graines... et cela va durer plusieurs minutes. Puis, sans bruit, il part... repu peut-être.

 

 Bec croisé des sapins juvénile

Je suis resté plus de trois heures sur place et, ensuite, je suis rentré à la maison avec une belle moisson de photos. Comme quoi il ne faut pas toujours être dans un environnement particulier pour faire de belles observations.

A vos jumelles et à vos appareils  il y a encore beaucoup de choses à voir et à photographier.

A bientôt.

jean-Marie Poncelet

www.clic-nature.be

 

 

 

Mise à jour le Samedi, 20 Août 2011 06:58